A quarante ans, Antoine Méliot (Dupontel) possède tout ce dont un homme d’âge mûr peut rêver : une jolie femme (Croze), deux beaux enfants, un bon job, des amis fidèles, un bon compte en banque et même un superbe géranium planté au milieu du salon (information non officielle. En bref, une vrai vie de pépère. Pourtant, en l’espace d’un week end, il va tout saccager, se transformant en véritable monstre envers ses enfants et en ignoble personnage avec ses amis. Pourquoi, pour qui et comment sont les questions que tout le monde se posera.
Adapté d’un roman éponyme de François D’Epenoux, Deux jours à tuer a totalement conquis Jean Becker dès la lecture. Paraîtrait même qu’il n’a pas pu sortir le nez du bouquin jusqu’à la toute dernière page…L’adaptation s’imposait donc pour le réalisateur du très bon Dialogue avec mon jardinier. Le scénario emplit de secrets qui seront dévoilés n’est pas sans rappelé l’histoire vraie de Jean-Claude Romand, cet homme mythomane qui a fait croire à toute sa famille qu’il était chercheur au CNRS jusqu’au jour où il pète un plomb et décide de tuer femme, enfants et parents. L’Adversaire d’ Emmanuel Carrère avait déjà fait l’objet d’un film avec Daniel Auteuil. A croire que les secrets finissent toujours par refaire surface, brisant des vies en l’espace de quelques jours…
Comment passer à côté de ce film au sujet si proche et poignant, au casting incroyable et au réalisateur si subtil ? On n’en finit pas de faire des éloges sur ce Dupontel, chouchou des auteurs français, bluffant dans Chrysalis, drôlissime dans Enfermés dehors et attachant dans Paris. On en oublierait presque qu’il a débuté sur scène avec des one man show. Pour jouer sa femme, la très belle Marie-Josée Croze, forte de ses interprétations dans Le Nouveau Protocole et du chef d’œuvre de Guillaume Canet, Ne le dis à personne. Et derrière la caméra, le réalisateur à la carrière atypique à qui l’on doit notamment Un crime au paradis et d’ Effroyables jardins. Croisons les doigts pour que ce film les hisse encore plus haut (s’ils en ont besoin) et qu’il les enverra tutoyer les Monts Everest du septième art. Film déjà en salle depuis le 30 avril.
Benoit