Assister à l’écoute du disque de Féfé, c’est participer à une répétition d’un de ses concerts. Il teste sa voix, répète ses accords de guitare, revois ses attitudes scéniques… et chambre les retardataires.
Au fil des titres qui s’enchainent, il se laisse aller à quelques confidences, boit une canette de Perrier, une autre de Minute Maid Orange et enchaine les cigarettes. On est loin des clichés véhiculés par le rap. Un créneau musical sur lequel il jette un regard réfléchi et quelques peu désabusé : « C’est comme tous les mouvements, dit-il. Au début il y a une vraie force, une vraie énergie et puis après ça vend, c’est rattrapé, ça s’installe, ça grossit, ça se met bien. Et moi j’aime les trucs où il y a du combat un peu, où il y a des trucs à faire, où on prend des risques, où on essaye, on invente encore. »
Accompagné de son multi-instrumentiste Félipé, dit Pepito, il se livre à deux sessions acoustiques. Une éminence grise musicale qui lui a permis, pendant deux ans d’apprendre la guitare, de la maitriser, et de combiner l’instrument à un style de musique qui ne lui est pas familier. « Je vous jure que c’est difficile quand tu viens du rap de te dire « ça y est, je vais chanter, je vais prendre la guitare ». Et tu as besoin de gens qui te disent « allez vas y, vas y essaye ». Des fois, j’entends des accords que je ne connais pas, que je ne savais pas faire, alors il me montrait. Félipé c’est mon sauce » confie-t-il.
« Jeune à la retraite » prouve que la page Saïan Supa Crew est bel et bien tournée. La guitare sèche offerte par Patrice (avec qui il collabore sur un titre) n’est jamais très loin et lui donne un bon prétexte pour peaufiner son style musical : une musique rap mêlée de blues, de soul et de chanson française. Sa collaboration avec Dan the Automator qui a réalisé, enregistré et mixé l’album, apporte une touche funky à ce savoureux mélange de genre.
Ambre