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Le « Dirty Realism » de Raymond Carver

Raymond Carver est un écrivain et poète américain du XXe siècle. Ses premiers écrits sont publiés dans des magazines au début des années 60. Très vite, il impose son style personnel et signe au New Yorker. Ses nouvelles deviennent très populaires aux Etats-Unis. Le fameux film de Robert Altman, Short Cuts (1993) est d’ailleurs une adaptation des nouvelles de Carver.

Le temps semble s’arrêter au fil de ses vers qui nous emportent dans les méandres de l’existence humaine. Des personnages sans extravagances, modestes, dont la simplicité  touche. La fatalité comme thème récurrent. Carver traite des sujets abordant l’incapacité d’aimer, la souffrance de l’amour, l’approche de la mort. Les personnages de Carver  sont troublants. Leur malheur apparaît inévitable, l’alcoolisme et la  pauvreté sont leurs quotidiens et face à la fatalité ils sont impuissants. Il mystifie le principe du contre héros dans ses nouvelles, Chômeurs en mal de vivre, femmes délaissées, problèmes conjugaux.

Les trois roses jaunes est un recueil de sept nouvelles écrites entre 1986 et 1988. Petites histoires banales du quotidien. Paru aux Editions Payot et Rivages en France en 1994. L’incompréhension intergénérationnelle, les drames de la vie conjugale, l’alcoolisme, la pauvreté font de ce livre une panoplie de sentiments exprimés. Maître de la chronique du désespoir, Carver nous offre un savoureux dosage d’émotion et d’humanité. Il rend hommage à Tchékhov par une nouvelle éponyme d’une sobriété et d’une émotion intense. Décrivant les derniers instants de vie du grand dramaturge russe. Une prose simple mais juste, un style efficace et un vocabulaire épuré. Chroniqueur du quotidien, des morceaux de vie, qui sont mis en perspective, et interrogent le lecteur sur les vices de la société. Des situations, dont la banalité reste pourtant captivante, mêlent des personnalités et des psychologies diverses et réalistes. Poète narratif, nouvelliste de génie, Carver a su imposer son style et fait parti des précurseurs du courant du « dirty realism » tout comme Charles Bukowsky à la même époque.

 

« L’homme ne peut jamais savoir ce qu’il faut vouloir car il n’a qu’une vie et il ne peut ni la comparer à des vies antérieures ni la rectifier dans des vies ultérieures » (Milan Kundera). Raymond Carver et son désespoir tranquille apaise les esprits les plus troublés. . Un magnifique recueil plein de sentiments bruts et de sincérité à confronter absolument à vos consciences.

Matthieu
 
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