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Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du Monde : le capitalisme pour les nuls

C’est une comédie française réussie sur les riches et les puissants. Si vous avez aimé « Capitalism : A Love Story » de Michael Moore, mais pas sa démagogie, alors vous adorerez ce faux documentaire « Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du Monde ».

Faux documentaire mais vrai film : dans le jargon des cinéphiles, on appelle ça un documenteur . « Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du Monde » propose une plongée dans l’univers impitoyable de Michel Ganiant, patron-voyou fictif, fils spirituel de Bernard Tapi, de J2M et de Guy Bedos dans le film, un archétype du capitalisme décomplexé. Personne en particulier, mais tous les patrons du CAC 40 à la fois, avec plusieurs allusions au bling-bling sarkoziste : la femme « artiste » (Laurence Arne), le yoat, les tics.


Dans un souci de transparence, il accepte, non sans conditions, d’être suivi par la caméra de Joseph Klein, journaliste engagé, qui porte la barbe de trois jours et la veste de velours côtelée avec une élégance un brin british. Le reportage devait être une hagiographie de saint Michel Ganiant, ce sera un voyage au cœur du système capitaliste, gangréné par les magouilles, les assemblages financiers douteux et le copinage.


On rit beaucoup, parfois jaune, mais on en apprend aussi davantage sur les mécanismes d’un système pervers, grâce à des animations amusantes et pédagogiques. Un sacré culot dans un pays où l’argent reste un sujet tabou, voire honteux.
Le duo François-Xavier Demaison et Laurent Lafitte fonctionne à la perfection. Le premier ne tombe jamais dans la caricature grossière tandis que le second, bobo impeccable, jette un regard à la fois dur et attristé sur la vie dissolue du milliardaire.


Troisième long-métrage de Stéphane Kazandjian (après « Sexy Boys » et « Modern Love »), « Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du Monde » est un bijou d’écriture et d’ironie. Si le film condamne une forme de capitalisme, notamment celui qui conduit à des licenciements abusifs, il n’est cependant pas un pamphlet anti-capitaliste, alors qu'on aurait pu craindre le pire et le sempiternel « L’argent ne fait pas le bonheur » &co. Riche, c’est mieux, c’est un fait !

 

Ambre
 
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