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Prison Valley : la révolution du documentaire
Prison Valley est un webdocumentaire pas comme les autres qui propose aux internautes via une plateforme de visionner un documentaire sur Canon City dans le Colorado aux Etats-Unis, une région qui compte pas moins de 13 prisons. Une plongée directe dans l’univers carcéral américain. A l’initiative de ce projet, on retrouve deux anciens reporters et photographes de Libération : David Dufresne et Philippe Brault. Avec le soutien de la chaîne Arte, ils nous offrent un nouveau format de multimédia où le spectateur devient acteur. Une nouvelle forme de journalisme est-elle en train de naître ?
Durant un an, les deux journalistes ont enquêté sur cette région des Etats-Unis où plus de 16% de la population est incarcérée et où chaque habitant est lié directement ou indirectement à l’univers carcéral. Les prisons sont devenues une véritable industrie qui pratique une incarcération de masse. Aux Etats-Unis, on estime qu’un citoyen sur 100 passe par la case prison : un noir sur trois et un hispanique sur six. Dans cette « Alcatraz des Rocheuses » comme on l’appelle, certaines routes ont été construites par les prisonniers eux-mêmes, les motels hébergent les familles venues au parloir, les villes sont bordées d’immenses murs qui privent les incarcérés de leur environnement. Société de bannis utilisés comme force de travail et considérés comme de la marchandise, on y découvre également l’horreur des prisons privées dont le gagne pain dépend de la durée de séjour des prisonniers, une condition impliquant de nombreux abus. On entre donc dans ce monde à part, cette industrie carcérale qui comme le précise le shérif dirigeant une des prisons « C’est comme ça que l’Amérique a grandi, c’est un problème culturel ». Filmé façon road-movie, le documentaire n’a rien à envier au cinéma, tellement l’image est travaillée et impressionne par son esthétisme très photographique. Sur le site :http://prisonvalley.arte.tv/ commence le voyage à Prison Valley, pour cela il faut « prendre un chambre » dans un motel, c'est-à-dire s’inscrire sur le site pour pouvoir accéder à votre chambre interactive dans laquelle vous trouverez un ordinateur pour accéder au forum, un calepin avec une fiche sur chaque personne rencontrée dans le reportage, des indices sur votre lit avec souvenirs, documents et témoignages, et d’autres bonus à découvrir… Vous disposez également d’une carte de votre parcours indiquant les passages du documentaire que vous avez regardé. Pour débloquer les différentes vidéos, il faut regarder les précédents passages. Une fois inscrit, vous pourrez reprendre le documentaire là où vous l’avez laissé et découvrir les indices que vous débloquez au fur et à mesure de votre périple. Une plateforme très aboutie qui fait penser à un jeux-vidéo dont vous êtes l’acteur principal. Vous choisissez donc vous-même la manière dont vous voulez aborder ce documentaire et c’est à vous de faire la démarche de vous documenter davantage grâce aux fiches, portfolios, témoignages mis à disposition. Il est également possible de discuter avec les autres inscrits via le forum et tous les jeudis à 19h, le site vous invite au débat avec la possibilité de dialoguer avec un des protagonistes du documentaire. Vous l’aurez compris, ce documentaire innove dans la façon d’aborder l’information, la notion d’interactivité n’avait encore jamais été mise en valeur à ce point. Pour nous offrir ce petit bijou, il aura tout de même fallu un budget d’environ 230 000 euros rien que pour le site, pour six mois de montage et de fabrication. Arte, le studio multimédia parisien Upianet et le Centre National du Cinéma (CNC) sont les principaux financeurs du projet qui a été entièrement filmé et scénarisé par les deux journalistes. Regardez l'interview d'un des journalistes : Agnes
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