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Une BD sur Nietzsche : un passeport pour la philo ?
La bande dessinée et la philosophie voilà bien deux domaines que l’on n’aurait pas forcément pensé rassembler. Et pourtant désormais c’est chose faite grâce au philosophe et écrivain Michel Onfray et au jeune dessinateur Maximilien Leroy. Tous deux s’attaquent à la vie de Nietzsche dans une BD retraçant à travers de splendides planches la quête de l’Absolu de ce philosophe allemand trop souvent mal compris. Un bon moyen de découvrir ou de redécouvrir la libre pensée et la Volonté de puissance de manière plaisante.
Comme l’explique Michel Onfray la philosophie c’est avant tout une vie philosophique c’est pourquoi il semblait plus intéressant de traiter la vie du philosophe plutôt que sa pensée pure. De plus, Nietzsche est un personnage romanesque qui a mené une vie passionnante et qui a toujours revendiqué sa pensée sans faire de concessions. Sa vie est donc retracée à travers tous les passages clés de son existence, son cheminement vers l’Absolu et sa solitude presque effrayante. Cette bande dessinée a également le mérite de transmettre la vraie pensée nietzschéenne trop longtemps dénaturée. Sa sœur Elizabeth avait en effet falsifié ses propos pour les transformer en écrits antisémites d’où la mauvaise réputation qui colle encore parfois au philosophe : la notion de surhomme ayant été mal interprété autant par Hitler que par Mussolini. Pour réaliser ses dessins, Maximilien Leroy n’a pas hésité à voyager à travers l’Europe sur les traces du philosophe en passant ainsi par l’Allemagne, la Suisse ou encore l’Italie. Il s’est également inspiré du mouvement impressionniste à travers les peintures de Van Gogh, Gauguin et Cézanne. L’esthétique est sobre avec des couleurs franches, les planches sont très soignées ; le rythme est soutenu rendant la lecture dynamique. Cependant l’œuvre et la vie de Nietzsche peuvent s’avérer difficiles à aborder, d’autant plus qu’il n’est pas évident de concentrer une pensée aussi complexe et aboutie en quelques bulles. On notera tout de même l’effort de vouloir démocratiser la philosophie. La BD s’adresse ainsi aussi bien aux initiés qu’aux non initiés que ce soit de philosophie ou de bande dessinée. Cela permet d’obtenir une première approche tout en se divertissant. Comme le dit le scénariste : « Si des ados peuvent découvrir Nietzsche grâce à une BD, c’est formidable». Agnes
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Le philosophe contemporain Michel Onfray a très souvent revendiqué l’héritage intellectuel de Friedrich Nietzsche et emprunte de nombreuses pensées émises par celui-ci au sein de ses ouvrages. C’est pourquoi il avait entrepris d’écrire un scénario sur la vie du philosophe allemand destiné au cinéma : « L’innocence du devenir ». L’œuvre a été publiée chez Galilée en 2008 mais n’avait pas donné suite jusqu’à ce qu’un dessinateur lyonnais tombe dessus et décide de retracer cette histoire sur des planches. Il envoie alors ses esquisses au philosophe accompagnées de la phrase « La BD est le cinéma du pauvre », ce dernier est conquis et accepte de collaborer pour la sortie d’un album.



