Acadomia au cœur d’un scandale sur ses fichiers

En 2009, la Cnil (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) se rend dans la société la plus célèbre de soutien à domicile : Acadomia afin d’effectuer un contrôle de routine. Mais voilà, la Cnil relève l’existence de fichiers nominatifs sur des professeurs pas encore recrutés (ce qui est interdit sans autorisations préalables) et ce n’est pas tout, dans les fichiers des élèves et des parents, les inspecteurs découvrent avec surprise des commentaires qualifiés « d’excessifs voir injurieux » ainsi que la révélation d’informations personnelles et médicales.

Et certains commentaires sont totalement ahurissants à tel point que le rapporteur de la Cnil a révélé que l’on pouvait trouver dans l’ensemble de ces fichiers 212 fois le mot « conne », 10 fois le mot « salope » et 15 le mot « crétin ». Les membres de la société AIS 2 n’hésitent donc pas à insulter allégrement leurs clients à coup de « saloperie de gamin », « vraiment trop conne » ou encore « parisien frustré » «  sent le tabac et la cave ».

Mais le pire reste à venir, outre le vocabulaire outrancier et grossier utilisé, Acadomia n’hésite pas à révéler des informations sur la vie privée des personnes fichées, sans même vérifier ses dires alors qu’elle évoque des problèmes de santé ou des problèmes liés à des condamnations. Petit florilège de ces propos chocs : « cancer du poumon tant mérité », « varie de la boulimie à l’anorexie », « en grave dépression suite à une agression (viol) ou encore « est mis en examen (je ne sais pas pourquoi) » « élève retourné en prison ». Bien que les contraintes médicales sont à prendre en compte pour organiser au mieux les cours à domicile cela ne doit en aucun cas dépasser ce cadre et encore moins faire l’objet d’enregistrement détaillées dans un fichier sans même le consentement de la personne concernée. Il en est de même pour les « informations relatives à des infractions et des condamnations ».

Ces propos scandaleux ne pouvant être acceptés, la Cnil a décidé de sanctionner la société en lui adressant un avertissement public révélant ainsi à la population le contenu du rapport en le diffusant à la presse et sur son site.

Acadomia a bien évidemment été obligé de réagir à cet avertissement, mais la société a préféré prendre le parti de la négation partielle des faits. Pour elle, le rapport de la Cnil fait preuve de « grave inexactitudes » et dénoncent le fait que les propos relayés par la presse ne proviendraient pas de l’AIS 2.

  
Pourtant le président de la Cnil, Alex Türk, confirme les faits et explique que la société de soutien scolaire a accepté les faits, lors d’un entretien avec Libération :   « Rien n’a été inventé, aucun mot n’a été rajouté. D’ailleurs, quand la direction d’Acadomia s’est présentée à la Cnil accompagnée de son avocat, elle n’a jamais contesté les faits reprochés. Elle a reconnu avoir manqué de vigilance. »


Pour tenter de nous rassurer, il précise : « Il est bien évident que maintenant ils sont en train – et j’espère qu’ils le font et vite – de nettoyer le système pour l’avenir « . Après cette révélation, on se doute que la société ne réitérera pas ce genre d’actes absoluement honteux d’autant plus que la Cnil va suivre d’encore plus près ses actions. Mais comme diraient certains, le mal est fait !


 

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