Amen

Réalisatrice : Constantin Costa-Gavras
Distribution : Ulrich Tukur, Mathieu Kassovitz, Ulrich Mühe, Michel Duchuassoy, Ian Caramitru, Marcel Iures
Durée : 1 h 12
D’après la pièce Le Vicaire de Rolf Hochhuth

L’histoire en bref

En 1933, Kurt Gerstein (Ulrich Tukur), ingénieur allemand et croyant, s’oppose silencieusement au nazisme montant qu’il cautionne en apparence par ses occupations et considérations professionnelles. En 1941, il devient membre des SS. Au même moment, de par ses nouvelles fonctions, il obtient la confirmation du génocide juif. Affecté à l’Institut d’hygiène, puis promu pour ses compétences scientifiques, il assiste aux expériences avec le gaz de la mort sur les Juifs. Affolé, il tente d’alerter les alliés et le clergé afin de les inciter à prendre fait et cause pour les Juifs. Un jeune jésuite idéaliste (Mathieu Kassovitz) deviendra son allié et son émissaire auprès du pape Pie XII, peu enclin à prendre publiquement position.

Mon avis

Film doublement choc que cet Amen. L’affiche, amalgame des croix gammée et catholique, signée Toscani, a soulevé l’ire de nombreux groupes d’extrême droite en France outrés par cette association peu flatteuse entre ces croix. Puis cette croisade sur le silence et l’indifférence de Pie XII sur l’Holocauste vaut de nombreux commentaires acerbes au réalisateur. Mais au-delà de ces polémiques, le film de Costa-Gavras est, avant tout, celui de David contre Goliath, celui de deux êtres qui combattent seuls et contre tous, un système qui s’obstine à faire semblant et qui s’en fout royalement.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Deux hommes qui se lèvent et qui disent que cela doit cesser maintenant. Un officier allemand qui dénonce les excès commis par ses compatriotes et un jésuite qui s’élève contre les injustices faits à d’autres humains, qu’ils soient catholiques ou non. C’est tout Costa-Gavras ça! De Z (1969) à Amen (2002) en passant par Missing (1982), tous des films à scandales à leur manière, ses films politiques furent des combats inégaux entre un homme engagé et convaincu d’agir pour le bien de sa communauté et la machine bureaucratique d’un système guidé par des objectifs souvent douteux.

Amen est très librement adapté de la pièce Le Vicaire, brûlot des années 60 qui entraîna par la suite un chapelet d’études sur le rôle du Vatican pendant la Seconde Guerre Mondiale et ramena à des proportions plus humaines le pape Pie XII qui jusque-là était considéré comme un saint. Costa-Gavras se détache de la simple contestation du rôle du Vatican pour s’attarder à Kurt Gerstein, officier SS ayant véritablement existé, celui qui s’est sali les mains pour mieux témoigner, et au jésuite Ricardo, personnage fictif mais inspiré de plusieurs ecclésiastiques ayant dénoncé l’Holocauste.

Film choc sur l’ignorance volontaire du Vatican, Amen dénonce l’Église et réhabilite des héros oubliés avec quelques scènes chocs. Le film débute crûment avec le suicide en direct, lors d’une assemblée de la Société des Nations (l’ancêtre des Nations Unies actuelles), d’un juif qui se révolte contre le sort des ses pairs en Allemagne. Et ces trains, pleins à l’aller et vide au retour, qui habite le film du début à la fin. Mais le véritable choc est bien plus dans le propos : l’ignorance volontaire, les arguments factices pour se donner bonne conscience ou sauver la face, l’aplat-ventrisme et le je-m’en-foutisme général…

La qualité du film est bien plus dans son propos, sa dénonciation que dans son esthétisme et ses qualités cinématographiques. Platement réalisé, Amen n’est certes pas un chef-d’oeuvre cinématographique. Les rares effets visuels sont plutôt manqués. Était-il bien nécessaire de mettre constamment ces images de synthèses du Vatican en arrière plan? Certes, non, surtout que l’effet visuel était plus qu’évident.

Il faut cependant admettre qu’Amen n’est pas un film que l’on va voir pour ses qualités artistiques, mais plutôt pour sa thématique toujours à-propos. Costa-Gavras n’avait qu’un seul objectif, soit de sensibiliser les spectateurs à une injustice. À la sortie du film, on ne peut que conclure qu’il a réussi. Il ne reste alors plus qu’à espérer que cela ne se reproduise plus pour qu’enfin nous puissions dire : Amen!

Un film à voir absoluement!!!

2 commentaires

  1. Anonyme

    On de la chance en ce moment sur canal+ il nous passe que des bons films, bon c’est vrai que c’était déjà le cas mais là j’ai l’impression qu’on ai gâté. D’ailleurs dans les films à ne pas manquer il y a aussi « Requiem for dream ». Bon bien sûr y sont aussi fait grêve pendant près d’une semaine, mais bon faut les comprendres 400 licenciment si je me rappelle bien :(.

  2. Anonyme

    Tu peux en rajouter la moitié. En plus, ils sont en déficit énorme et ils veulent les droits du foot ahlalal, on rigole bien avec Canal +, ils peuvent les passer les bons films car, ca va bientôt fermer.
    Moi je dis que c’est la faute la Lalanne et Joey Starr et leur daube 60 jours, 60 nuits. ;)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>