BAC 2010 : la L en péril, chronique d’une mort annoncée

Sur l’ensemble des lycéens qui ont passé le bac cette année, seuls 17% ont planché sur les épreuves littéraires. Ce qui confirme la tendance : les littéraires sont devenus rares ! Le directeur général de l’enseignement scolaire, Jean-Michel Blanquer s’en inquiète, pour lui la L est « menacée d’une extinction rapide ». Il déplore notamment le déséquilibre qui existe entre les filières : la majorité des lycéens s’agglutinant massivement sur les bancs des classes scientifiques.Ainsi que l’abandon de la considération pour le français et la littérature.  Certains lycées ont d’ailleurs déjà supprimé leur section littéraire faute d’effectif.

La L n’a pas la côte surtout auprès des parents,  pour eux : c’est la filière où se réunissent tous les « branleurs », ceux qui n’ont pas de projets d’avenir et qui se réfugient dans ces classes comme une planque. Une image véhiculée par un programme plus léger en matières, les journées sont donc plus courtes pour les littéraires que pour les autres en termes de cours à la semaine. A noter, tout de même, (parole d’ancienne L) que le travail personnel exigé est souvent plus important en littéraire que dans les autres sections ou du moins qu’un commentaire de texte ou la lecture d’un ouvrage demande plus de temps qu’un exercice de math…

Néanmoins, le ministère de l’Education Nationale, conscient de cette différence qui semble en perturber plus d’uns, a décidé d’après une réforme entamée l’année dernière à ce sujet de mettre en place d’ici deux ans, deux matières supplémentaires au programme des L : « Littérature et Société » et « Enjeux du Monde Contemporain ».

A la Sorbonne, le corps enseignant s’est réuni récemment pour établir le cruel bilan de la filière littéraire qui en prend pour son grade.
Ainsi, les professeurs déplorent le niveau plus faible des L  par rapport aux S et aux ES. Un prof de philosophie n’hésite pas à affirmer « Un bon élève va toujours en S, un élève moyen en ES et un médiocre va en STG (sciences et techniques de gestion) et s’il n’y a pas de place en STG, il va en L »« En raison de la baisse continuelle du nombre d’heures de cours, le niveau d’un lycéen de terminale littéraire aujourd’hui correspond à celui d’un troisième des années 1970. » n’hésite pas à rajouter une enseignante. Les seuls lycées qui peuvent alors réussir à maintenir un certain prestige autour de ses classes littéraires sont ceux qui sont affiliés à des classes préparatoires en lettres ou ceux qui bénéficient d’options culturelles : « cinéma », « danse », « théâtre ».

Autre problème soulevé : celui des maths. Considéré en France comme vecteur essentiel de l’éducation, la plupart déplore le fait que les maths soient réduites à une option en Terminale. Il est vrai que les rares études qui apportent des débouchés certaines après la L nécessitent une certaine connaissance des mathématiques, c’est le cas du droit, de l’économie et de la philosophie. C’est en tout cas ce qu’affirme le président des professeurs de mathématique appuyé par un professeur de lettres qui s’est exclamé : «Le scandale est là, bien plus que dans la suppression récente de l’histoire en terminale S»… enfin ça, ça se discute…

Mais la principale raison de cet abandon de la filière reste l’orientation. Pour beaucoup la L ne propose aucune débouchée concrète et reste une voie de garage. Pourtant il existe de nombreuses études accessibles via cette section. Sciences humaines et sociales, enseignement, culture, droit, sciences politiques, communication, tourisme… des secteurs peut être bouchés actuellement mais qui proposent tout de même une certaine diversité dans les choix de carrières. Valérie Pécresse, avait d’ailleurs demandé à ce que les entreprises se tournent davantage vers des diplômés en sciences sociales  qui possèdent des qualités de plus en plus rare sur le marché du travail à savoir une bonne culture général, des capacités rédactionnelles et surtout une certaine ouverture d’esprit.

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