Ben Laden, secret de famille de l’Amérique

De Marc-Edouard Nabe à Bernard-Henry Lévy en passant par la tentative de Baudrillard de réitérer le tour de force rhétorique qu’était La guerre du golfe n’a pas eu lieu, on pourra se souvenir de la fin 2001 comme d’une période historiquement et théoriquement riche.

Les décodages pleuvent sur le citoyen comme les exégèses du Coran sur le musulman.

Dans ce pamphlet maigrichon mais souvent avisé, la romancière Arundhati Roy s’attaque à un concepte de choix: cette guerre pense-t-elle, est une guerre entre barbares, entre un Bush et un Ben Laden jumeaux, se nourrissant mutuellement de divers poisons.

Apparaissent tout à coup absurdes ces images quotidiennes: les banques capitalistes encaissant l’argent terroriste, les jeunes américains prenant de l’héroïne afgane, les talibans tirant sur les G.I, des missiles fournis par les américains, Ben Laden créé par la CIA et recherché par le FBI… et toutes les choses que l’on a pu entendre lors de cette guerre.

Au passage, Arundhati Roy, amusée par la demande américaine de « livrer Ben Laden », exige à son tour, au nom des 16 000 victimes indiennes de la catastrophe de Bhopal, l’extradition du PDG de Union Carbide, reconnu responsable de la fuite de gaz de 1984. Voilà qui remet quelques idées en place…

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