Californication

On y retrouve avec grand plaisir David Duchovny en héros rongé par ses vices. Il récupère enfin un premier rôle sur le petit écran, cinq ans après l’arrêt de la série culte X-Files. Il est Hank Moody, écrivain à caractère s’installant à Los Angeles en provenance de New York. Son dernier roman vient d’être adaptée en superproduction hollywoodienne au cinéma, et son amour de toujours, mère de sa fille, est sur le point de se marier avec un homme qu’il hait. Hank est loin d’être un enfant de cœur. Alcoolique et névrosé, il se complait dans la débauche, même si l’écrivain qu’il est n’en tire que des pages blanches. Cet homme blasé séduit tout ce qui bouge, avec comme arguments sa belle gueule, sa virilité et son talent à manier les mots.
Sur cette base scénaristique qui en ferait douter plus d’un, tant l’histoire n’a pas l’air passionnante en soi, on est facilement pris sous le charme d’un David Duchovny étincelant. Ce qui a fait de Weeds une série incontournable, on le retrouve ici : un ton irrévérencieux et cru, un humour cynique voire satirique, et enfin des personnages remarquablement élaborés.
Hank, comme il a été décrit plus haut, pourrait être jalousé par les hommes et conspué par les femmes, et pourtant il n’en est rien. On trouve en lui tendresse et tristesse, qui le rapprochent tantôt de l’adolescent, tantôt de la bête blessée. Il est un père attentionné, et au final, un homme extrêmement complexe qu’on ne se lasse pas d’observer. Une fois n’est pas coutume, les dialogues délicieux font honneur à la série, qui évoque immédiatement les auteurs John Fante et Charles Bukowski. Hank Moody semble être une nouvelle version de leurs personnages Arturo Bandini et Hank Chinaski.
Au final, cette série a réussi à s’imposer dans le lourd paysage audiovisuel américain. Elle conserve ainsi 90% des spectateurs de Weeds, diffusée juste avant elle sur Showtime. Un bon score qui fait que la chaîne a reconduit Californication pour une nouvelle saison. Alors que la première saison devrait être diffusée en France par M6, même si la version anglophone est conseillée, ne serait-ce que pour la qualité des dialogues originaux et la non-qualité du doublage à la française.

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