Ces jeunes qui veulent mourir pour exister

On aurait trop tendance à croire qu’il ne concerne que quelques désespérés. Et pourtant, en France le suicide constitue la deuxième cause de mortalité chez les 15-25 ans après les accidents de la route. Chaque année 40000 jeunes tentent de mettre fin à leurs jours. Près de 1500 y parviennent. Encore plus préoccupant: d’après les médecins, les suicidants, c’est à dire les personnes qui ont tenté de se suicider sans y parvenir, sont de plus en plus jeunes. Les tentatives (et les décès) chez les moins de 15 ans ne se font pas rares. Le dernier baromètre santé jeunes (enquête réalisée par le Comité français d’éducation pour la santé, édition 2001/2002) révélait que 12% des 15-19 ans avaient déjà pensé au suicide, au cours des douze mois précédent l’enquête.
Difficile d’expliquer avec précision le pourquoi de tels gestes; le suicide reste souvent une énigme. A vrai dire, il est souvent l’aboutissement d’une longue chaîne de désespoirs. On peut alors évoquer les problèmes familiaux, les déceptions amoureuses, les traumatismes suites à des violences corporelles (en particulier les viols), le chômage, la solitude, des événements « traumatisants » (décès, avortements…), les dépressions, les échecs scolaires…
« Plusieurs facteurs peuvent rentrer en jeu, constate Xavier Pommereau, psychiatre à l’unité médico-psychologique de l’adolescent et du jeune adulte à Bordeaux. Mais ce qui favorise l’idée du suicide, c’est le sentiment de ne pas avoir de place ou de la perdre. Le jeune suicidant ne cherche pas à disparaître, il veut mourir pour exister au moins dans la tête de ceux qui l’ont conçu ou qui l’entourent ».
Comme l’écrivait si justement le philosophe Arthur Schopenhauer: « celui qui se donne la mort voudrait vivre ». C’est parce que ce paradoxe existe que les spécialistes tentent de mettre en place une véritable politique de prévention. Le suicide figure depuis peu au rang des priorités de santé publique en France. Et le gouvernement a annoncé en 1998 l’objectif de « passer en dessous de la barre symbolique de 10000 morts dues au suicide par an ». Un programme ambitieux qui mise sur l’efficacité de la prévention.
En l’occurence, prévenir, c’est parler. Alors que la plupart des jeunes concernés s’enferment dans le silence. Un rapport officiel résume d’ailleurs ce principe de base: « Il faut donner la parole au suicidaire avant l’acte, au suicidant pour éviter la répétition du geste, aux proches du suicidé pour éviter l’enfermement dans la culpabilité ». Les mots n’empêcheront peut-être pas toujours le pire mais les relations placées sous le signe de l’incommunicabilité aboutissent souvent à un insupportable sentiment de non-existance.

Quelques conseils…

Ces signes qui peuvent être avant-coureurs d’un acte suicidaire:

-baisse de l’activité scolaire soudaine et/ou absentéisme
-fugues
-perte d’intérêt pour les activités habituelles
-humeur instable
-difficultés relationnelles
-laisser-aller dans l’hygiène et l’apparence physique

ATTENTION, ne jamais sous-estimer les signes d’appel au secours, du style: « je veux en finir », « j’en ai marre de la vie » ou des propos moins explicites tels que « je ne vous embêterai plus », « vous aller avoir la paix ».
Si dans ton lycée, un jeune présente certains signes ou vous exprime un message direct ou non, ne cherchez pas à minimiser, moraliser ou tourner en dérision ses idées de mort. Essayer d’engeger un dialogue avec lui, conseillez lui de consulter un médecin ou de s’adresser à quelqu’un qui puisse l’écouter et dialoguer avec lui.

Quelques contacts utiles:

SOS suicide Phénix: 01 40 44 46 45
Suicide écoute: 01 45 39 40 00
Fil santé jeunes: 0 800 235 236

1 commentaire

  1. Anonyme

    Eu, juste un petit ajout sur le fait que les suicide soit la seconde cause de mortalité aprés les accidents de la route, on considére beaucoup d’accident de la route comme des suicides « déguisé », en général on vas repoussez les limites pour « voir » si ont survie ou pas, on se dit « je vérai bien, t’façon sa changera quoi », a la roulete russe(comme si vous prenez un revolvert, vous vous le pointez sur la tête et vous appuyée sur la détente, si y’a une balle temp pi sinon ont survie).
    Et entre nous, qui n’a pas pensez au suicide a un moment ou a un autre, dans sa vie????? On passe tous par une etape difficile, et on a tous un jour ou l’autre envie de mettre fin a tous sa(même si ont l’avoue que rarement).

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