Chapitre 1 de mon roman

1
La pièce aux dangereux

La grotte était lugubre et une odeur de souffre s‘en dégageait.
On pouvait distinguer les formes des gardes postés aux alentours de la Pièce aux dangereux, comme Celui l’appelait. Les hommes et femmes qui constituaient l’armée de Celui étaient habillés de cheveux humains, servant à cacher tout signe de virilité ou de féminité. Personne ne savait quel était leur sexe.
Les cheveux qui les couvraient provenaient des prisonniers de la Pièce aux dangereux, à qui on les avait arrachés peu avant leur exécution, ou provenaient des rebelles tués lors de la Traque, une violente chasse aux hommes ayant enfreint la loi capitale : être ermite, ne jamais approcher un homme qui n’est pas un membre de sa famille plus d’une heure. Sinon, la Traque commençait. Personne n’en avait réchappé, sauf le groupe qui accompagnait Titlit, celle enfermée en ces lieux maudits. Mais la traque continuait. Ils ne leur échapperaient pas.

Soudain, les gardes s’agitèrent, entreprenant une danse simple, puis prenant une position incongrue, face au mur de pierre, bras tendus en arrière. La danse consistait en un saut vers la droite puis vers la gauche, suivi du tour rapide d’un cercle invisible. Aussi déplacé que cela puisse paraître, cela avait beaucoup d’importance pour Celui. Quand il arrivait dans un lieu, il voulait être le seul à ne pas paraître ridicule.
Donc, cette danse risible annonçait la venue de Celui. Il s’avança, feignant de ne pas trouver lourde sa tenue, ornée de mèches de toutes couleurs, de toutes tailles, de toutes formes. La démarche majestueuse, impérieuse, il traversa la haie d’honneur grotesque offerte par ses hommes. Il s’arrêta et prit le bras d’un garde, qu’il brisa. L’homme ne gémit même pas. Il se retourna, exécuta à nouveau la chorégraphie avant de se mettre à genoux. Son bras s’était ressoudé en l’espace de quelques secondes. C’était toute la particularité des hommes de Celui. Une invulnérabilité quasiment infaillible.
L’homme arbora même un sourire quand Celui lui donna un coup de pied dans le ventre.
Cela voulait dire que Celui l’avait choisi pour l’accompagner dans la Pièce aux dangereux.
Quand ils pénétrèrent dans le lieu de tous les secrets, l’esclave, comme Celui appelait ses gardes, fut stupéfait par le spectacle extraordinaire qui se présentait à lui. Jeune recrue, il n’avait encore jamais pénétré dans le lieu sacré qui retenait prisonnière celle que l’on nommait Titlit, soit la meneuse de la rébellion attendue depuis les débuts de la folie dévastatrice de Celui.
Mais sa vie s’arrêta là. Celui venait de le poignarder. Son invulnérabilité ne l’immunisait pas contre les coups fatals. Celui avait décidé qu’il tuerait l’un de ses esclaves aujourd’hui, et comme Titlit allait encore le mettre hors de lui, il ne voulait pas qu’elle souille son image aux yeux de ses hommes. L’esclave s’émerveillait de la voir, ce qui était peu recommandé pour l’image de l’arrogant roi.
Allongé sur le sol, le corps sans vie de l’Esclave baignait dans son sang. Celui arbora un sourire cruel à la vue de cette troublante scène.
Il s’avança lentement vers le corps, et posa son pied sur le sol rocailleux à l’endroit où quelques instants auparavant gisait l’esclave poignardé. Le corps s’était tout simplement replié sur lui-même avant de disparaître en une gerbe de fumée noire.
Celui se félicita de cet autre atout que possédaient ses hommes. A leur mort ils disparaissaient de la surface de Titlon, et les autres Esclaves n’avaient plus aucun souvenir du défunt. C’est ainsi que Celui empêchait les vengeances ou les rébellions de ses hommes, en effaçant les traces des crimes commis dans ses propres rangs.
Il s’avança fièrement vers le centre de la pièce.
En voyant Titlit, tous auraient compris l’éblouissement de l’esclave qui avait pénétré vivant dans la grotte.
Celui n’était nullement impressionné par la sphère transparente, teintée de doré qui lévitait entre le sol de la caverne et le plafond. La bulle était emprisonnée entre des barreaux naturels, stalactites et stalagmites se rejoignant pour ne faire qu’un, qui formaient une cage circulaire parfaitement adaptée à l’étrange bulle magique enfermée dans le cercle.
Mais ce que contenait la bulle était nettement plus attirant, plus insolite.
Une femme, aux courbes parfaites, entourée d’un halo lumineux permanent, restait figée, les bras en l’air, les mains en creux, les jambes jointes, la tête relevée, ses cheveux dansant au gré d’un vent invisible.
Quand Celui toucha les bords du globe, il retira vivement les mains dans un cri de douleur quasiment étouffé. Il contempla la femme contenue dans l’orbe.
La boule en lévitation était translucide mais piquetée de minuscules points d’or, répartis de telle sorte que l’ensemble donnait un dessin familier aux yeux de Celui : c’était une représentation de Titlon, la planète où il se trouvait actuellement et où il était né.
La lumière éblouissante qui s’éleva soudain de l’intérieur de la représentation de Titlon fit reculer Celui, mais quand il vit la femme s’écraser lourdement contre le sol de la bulle, la stupeur éprouvée quelques secondes auparavant se transforma en une féroce satisfaction.
« Elle est faible, elle ne pourra bientôt plus utiliser ses pouvoirs », pensa-t-il.
« Ca ne va pas Titlit ? Questionna Celui d’une voix fausse. »
La femme releva péniblement la tête, se redressant sur ses avant-bras. Son visage, si beau et pur quand Celui était arrivé dans la grotte, s’était transformé en une figure aux cernes profondes, aux égratignures nombreuses, aux hématomes abondants. Le regard qu’elle posa sur Celui était mêlé de haine et de supplication. Ce regard las, accablé, épuisé, gardait une lueur d’espoir, si infime soit-elle, donnant à ses yeux une étincelle provocatrice, malgré l’envie que Titlit avait de mourir, maintenant, pour mettre fin à ses souffrances. Mais elle se raccrochait à l’espoir que ses amis viendraient la chercher, que bientôt, tout serait fini, qu’elle retournerait auprès des siens.
Elle ne répondit pas par des mots au misérable tortionnaire qu’elle avait devant les yeux. Un sourire aux lèvres, ce qui lui demanda un terrible effort, tant son mépris pour cet homme était immense, elle se redressa, enveloppée de cette lueur blafarde, et reprit sa méditation, renforçant la protection de la bulle, dont les couleurs furent ravivées. Elle puisait dans ses dernières forces, mais si Celui se rendait compte qu’elle était toujours puissante, peut-être partirait-il ?
L’homme la regarda avec fureur, et, ne pouvant plus contrôler sa colère, frappa la bulle, dans une rage surhumaine.
L’effet fut immédiat, et lorsque Celui fut projeté contre un mur de pierre à l’autre bout de la caverne, il se rendit vraiment compte du pouvoir de Titlit.
D’un geste rageur, il remit sa cape de cheveux en arrière et sortit.
Titlit creva la bulle par une simple pensée, et se laissa tomber doucement sur le sol dur de la caverne. Elle appuya sa tête contre les barreaux naturels de sa prison.
Après quelques minutes de repos, elle reprit sa position de méditation, entre le sol et le plafond rocailleux, et songea à son devoir.
« Tu dois t’occuper de Liria. Le rêve de Liria. Le vaisseau. Retrouve la. »

6 commentaires

  1. 50cent

    Pas mal pour un début mais il y a trop de flou encore alors, A quand la suite…Je suis impatient…Jte mets 8/10. Au fait c’est quoi le titre du roman?

  2. tournesol187

    C’est flou exprès parce que la scène se passe dans le tome 2, c’est juste pour mettre en scène mes autres personnages et ça explique des trucs après. Qui s’est qui a rajouté la petite image ? Un admin bien soigneux je suppose ! ^^

  3. juju94270

    j’aime bien :DD c’est pas mal du tout même super pas mal ! en gros, j’aime !!! lol
    moi aussi j’attends la suite avec impatience….!!!! :p

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