Clara Plume – Les P’tits Plaisirs

Chez Clara Plume se bousculent toutes les paroles d’aujourd’hui : le torrent poétique du slam, le romantisme de la chanson française, l’œil acéré du hip hop, la liberté des jeunes voix postmodernes… On croirait une nièce de Zazie ou de Catherine Ringer, le croisement de la descendance de Lilly Allen et de Jacques Brel.

« J’ai juste envie de parler aux gens », dit-elle. Et elle parle ! C’est d’ailleurs de la parole qu’elle vient : enfance à la fois classique et bohème, encouragée à écrire aussi naturellement qu’elle lit, et à s’exprimer aussi passionnément qu’elle écoute. Elle devient comédienne, monte des pièces, en écrit, les jette, les recommence. Parallèlement, comme elle ne cesse d’écrire, elle plonge dans le slam : « Je faisais toutes les scènes de Paris, tous les soirs comme une dingue. »

Et puis il y a Lucas. Ses parents lui demandent d’écrire et de lire un texte à la bar mitzvah du garçon. Rencontre fondatrice : « Sans lui, il n’y aurait pas eu d’album. Il m’a donné une leçon de vie. » Avec ce jeune myopathe, elle a l’impression que des forces neuves font irruption dans son écriture, que quelque chose de plus grand qu’elle intervient dans ce qu’elle écrit. Il en résultera, plus tard, la chanson Debout, qui viendra clore son album. Mais, une chose en entraînant une autre, la jeune comédienne et slameuse se retrouve à l’antenne pendant le Téléthon : « Ma première télé, mais je ne voyais rien de plus que dire un texte pour Lucas. »
C’est à cette occasion qu’elle a rencontré le compositeur Saad Tabainet. « Je lui ai lu un texte et il a dit : « On dirait Edith Piaf ! Il faut qu’on aille dans cette direction, mais en plus moderne. » Alors j’ai aussitôt fait quelques titres, dont Les Petits Plaisirs, et on a commencé à démarcher. »                     

Pour beaucoup de professionnels comme pour le grand public, Clara Plume a été découverte avec sa victoire à la « Fête de la chanson française » sur France 2 au printemps 2008 – « une surprise : on était 800 au départ et jusque là je n’avais même jamais gagné la fève à la galette des rois ». Dans sa robe rouge, elle triomphe avec Les Petits Plaisirs, son autoportrait en hédoniste farceuse. On remarque à la fois sa gaieté et les petites pointes d’ironie acide qu’elle jette çà et là. Sous l’énumération des plaisirs, elle montre qui elle est : une fille aussi exigeante que généreuse, une peste câline, une virago tendre, un tourbillon d’activité, de création, d’exigence, de partage.

Ambre

 

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