Si on retrouve l’essentiel du style d’Ayo, « Gravity At Last » est pourtant plus complexe qu’il n’y paraît. Musicalement, d’abord. Alors que la vague reggae folk n’en finit plus de déferler, Ayo refuse de surfer sur le genre et propose un album plus riche, plus orchestré.
De la chaleur africaine de “I Am Not Afraid ” au blues millésimé “Maybe”, en passant par l’intense ballade piano voix “Better Days”, jusqu’au gospel de “Thank You”, Ayo a considérablement élargi son spectre musical.
Au niveau des textes, si l’amour reste le thème prédominant de l’album, il est souvent à double sens, la chanteuse excellant toujours dans un registre intime mais à la portée totalement universelle : « Beaucoup de gens se reconnaîtront dans mes textes, car ils ont déjà partagé mon expérience », justifie la chanteuse sérieusement. Les sujets restent pourtant très personnels. . « “Lonely” peut tout à fait être interprétée comme une chanson d’amour, mais c’est avant tout un titre sur mon père, écrit en tournée alors que je l’avais perdu de vue depuis des mois ».
Les influences n’ont pas bougé non plus, des Wailers à Marvin Gaye, sans oublier Donnie Hattaway, « le premier qui m’a fait pleurer juste en écoutant sa musique ».
Avec « Lonely », Ayo confirme sa capacité à sublimer des moments douloureux avec douceur et élégance.
Ambre