Premières maquettes et premiers concerts dans les cafés parisiens en 2006, et ce surnom qui colle à la peau depuis des années qui devient nom de scène.
La suite est une histoire de belles rencontres : Jérôme Poulouin (réalisateur du premier album de BABX) qui entend les maquettes et décide de produire l'album ; toute une smala d'amis musiciens qui passent quand ils le peuvent, entre deux concerts, entre deux séances ; et l'équipe du label Anticraft qui s'enthousiasme pour le projet, avant même qu'il ne soit terminé, et propose dans la foulée de le commercialiser.
Rencontre.
Bonjour et merci de nous offrir de votre temps, l’espace d’une petite interview.
Merci à vous !
Les critiques musicales disent de vous que vous êtes le « Bad Boy de la Nouvelle scène française un peu rock ». Plutôt bien cerné ? Sinon, comment vous définiriez vous ?
Plutôt Sale Gosse que Bad Boy. J’ai pas vraiment la musculature pour être un Bad Boy. Après pour ce qui est de la nouvelle scène française, je dois certainement faire partie d’une nouvelle scène puisque je débarque, mais j’ai l’impression de m’inscrire dans un esprit de râleurs amusés qui ne date pas non plus d’hier. De Dutronc à Renaud, Arno, Katerine, Vian, Brassens, etc…
Vous voyez vous comme un provocateur ?
J’adore provoquer, géner, aller gratter là où ça fait mal. La chanson SIDA par exemple est très provocante. Mais je ne cherche pas à heurter ni à blesser. Je veux simplement faire réagir. L’indifférence est le pire des maux. Râler, provoquer, choquer est une manière de lutter contre l’indifférence, contre l’assoupissement, la léthargie.
Votre pochette d’album, une mosaïque d’expressions de votre visage. Vous aimez jouer la comédie ?
Je n’ai aucune expérience de thêatre ou de comédie en tant que tel mais je crois que pour monter sur une scène il faut aimer jouer. Et sinon j’adore faire le con, faire des grimaces face à la caméra. Peut-être aussi parce que je n’aime pas ce que je vois lorsque je pose sérieusement pour une photo. J’aurais été incapable de mettre un « joli » portrait de ma gueule sur la pochette. Et en même temps Le Larron c’est moi. Alors ma gueule est là, sans y être vraiment. Une pudeur narcissique en quelque sorte…
« Ne m’acquitte pas » est une référence à peine voilée au grand Jacques Brel. S’il vous entend de là-haut, que croyez vous qu’il pense de vous ?
Je ne sais pas ce qu’il pense de moi. Je pense que cela l’aurait fait marrer. Et ce n’est pas le premier détournement d’une de ses chansons. Rappelez vous de « La Vache à Mille Francs ». C’était à mourir de rire.
Pour ma part j’ai une grosse admiration pour ce gars qui était capable de se foutre totalement à poil pour chanter tout son amour sans se cacher derrière ses mots ou sa musique. J’en suis totalement incapable. C’est certainement pour cela que j’ai fait cette chanson. Pour exorciser cette angoisse de ne pas être à la hauteur de ces grands ainés. Un pied de nez à ces géants qui nous contemplent…
Côté références musicales, vous avez été à bonne école. Vous avez notamment collaboré avec Jane Birkin, le Comte de Fourques, Melle Rose et Ridan. Avez vous une petite anecdote les concernant ?
J’ai appris énormément de choses en travaillant avec tous ces gens et j’espère continuer à collaborer avec plein d’artistes, que ce soit sur scène, en studio ou au stylo. J’ai autant de plaisir à travailler pour d’autres qu’à bosser sur mon projet perso.
J’ai une petite anecdote concernant un autre artiste avec lequel j’ai collaboré dans le passé : CALI. J’avais bossé avec lui au moment de la sortie de son premier album et puis on s’était un peu perdus de vue. Au moment de sortir ce premier album j’ai eu envie qu 'il en écrive la préface, puisque j’avais participé au lancement de son premier disque.
J’étais sûr qu’il n’aurait pas le temps vu que cela tombait entre la sortie de son film et le début de sa tournée. Je lui ai quand même fait passer le disque par la poste. Aucune nouvelle pendant un mois. Le disque devait partir en fabrication au plus tard le mardi suivant. Le lundi je recois un coup de fil de l’ami CALI qui me dit qu’il a enfin trouvé le temps d’écouter le disque , qu’il adore et qu’il serait ravi de le préfacer, mais qu’il est en répet toute la journée et que le lendemain il prend l’avion aux aurores pour aller faire une télé. Je lui dit que c’est pas grave, que je ne peux pas reculer l’envoi du disque en fabrication et que je suis très heureux que cela lui ait plu. On raccroche. Le lendemain à 10h, alors que les fichiers graphiques sont prêts à partir, il me rappelle et me dit qu’il est dans le taxi qui est venu le chercher à l’aéroport, qu’il a écrit la préface dans l’avion et qu’il peut me la dicter au téléphone si je le veux. On a fait ca, j’ai tout envoyé par mail au graphiste qui a remodifié les fichiers en urgence et le disque est parti une heure après en fabrication, avec la préface ! Ce garçon sait être très généreux !
Mais au delà de votre album et de vos expériences, il semble que c’est sur scène que vous vous épanouissez le plus… Quel est votre meilleur souvenir de concert ?
Les concerts sont toujours des bons souvenirs. Après il y a des conditions particulières qui rendent certains instants magiques. La première fois que j'ai foulé la scène de l'Olympia a été un de ces grands moments. L'intro au mélodica d'un morceau de RIDAN tout seul en avant scène au Paléo festival, avec en face de moi 35.000 personnes, restera aussi longtemps gravé dans ma mémoire. Mais je garde aussi des souvenirs magnifiques de fêtes de la musique entre potes au coin d'une rue.

Parlez nous de ce fameux contre-piano…
C'est un instrument que j'ai créé, à mi-chemin entre piano et contrebasse.Tout ceci est venu d'un constat simple : il est très difficile de faire un concert en tant que leader d'un groupe en étant assis derrière un clavier. Et comme je joue mal de la guitare, que l'accordéon c'est pas mon truc et que les claviers-guitares sont très connotés 80's, j'ai cherché un moyen d'être debout et de pouvoir bouger tout en jouant du clavier. C'est en voyant un chanteur contrebassiste que le déclic est venu. J'ai sorti mes outils, récupéré un vieux clavier à la cave et le contre-piano est né !
Et il se trouve que c'est une vraie réussite. Cet instrument original est super sensuel et très agréable à jouer, avec un côté scénique très agréable. On peut l'enlacer, lui parler, le faire danser...
Un dîner s’improvise chez vous. Qui invitez vous ? Artistes, politiques, penseurs… le nombre de place est illimité.
Si je peux refaire vivre les morts, j'invite NinoFerrer et Boris Vian. Et puis de toute facon j'invite Renaud, Dutronc et Arno et on picole en fumant des cigares toute la nuit...
Un dernier mot à adresser aux membres d’Espritjeune ?
Gardez-le ! (l'esprit jeune)