Coming Soon – Ghost train tragedy

Coming Soon est né en 2006 dans les bars, les péniches, les appartements et les squats de New York, de Berlin, de Paris ou de Lyon, et de Kidderminster (leur ville natale, qui ne figure toujours pas sur les cartes de France). Leur premier album New Grids naît après une vague d’hyperproductivité et de collaborations choisies (Kimya Dawson, ex. Moldy Peaches, avec qui ils enregistrent une chanson qui figurera dans la bande originale du film américain Juno, propulsant le groupe à son insu au sommet des charts en pleine exploitation de New Grids, mais aussi avec André Herman Düne rebaptisé Stanley Brinks, ou le jeune canadien Adam Cotton). L’album reçoit un excellent accueil autant en France qu’à l’étranger et le groupe le défendra sur plus d’une centaines de dates  cultivant un plaisir et une énergie débordante et de plus en plus sauvage.

Here comes your train… les portes s’ouvrent, les passagers montent. Avant de faire l’expérience de GTT, les membres du groupe se sont plus à travailler avec Olivia Ruiz ou Etienne Daho, comme pour rattraper leur retard avec les belles personnes de la scène française. Pour leur nouvel album, ils ont demandé à leur tour une chanson aux Wave Pictures (brillant trio rock anglais) et un dessin à David Berman (chanteur des Silver Jews et un des chefs de file de la scène indé américaine).

GTT, qui n’est pas un hommage à Gran Torino ni une abréviation de Gran Tourismo Tour mais qui signifie GHOST TRAIN TRAGEDY est un approfondissement des promesses de New Grids. Les chansons s’allègent, s’allongent, les instruments se précisent, les personnalités s’affinent et s’affirment, et les mots continuent à s’embraser. Leo Bear Creek, jeune batteur et chanteur de 16 ans, récidive après son premier tube Big Boy, et nous emmène dans le désert de School Trip Bus Crash répondant mystérieusement à la tragédie qui donne son titre à l’album. Billy Jet Pilot nous propulse sur les rails de Lower Lip (accompagné par le souffle de son frère Howard) dans les bois hantés de Manners & Education ou dans le lit d’une conquête de passage (Love in the Afernoon). Alex Banjo qui a fêté sa majorité pendant l’enregistrement de l’album et Ben Lupus arpentent les décombres du train fantôme en accords mineur (le regard halluciné du funambule de Steelwire) ou majeurs (la cavalcade de Back Seat) pendant que Howard Hughes, personnage mi-prédicateur mi poète au bord de la chute hurle « Show me how hard you can hurt me » dans Walking puis ouvre la boîte de Pandore version disco avec Moonchild. Mary-Salomé, chanteuse multi instrumentiste (Marimba, clarinette, trompette, percussions) lie et inspire GTT de sa douceur heurtée avec Pillow Talk, petite ballade désaccordée.

Car GTT est un album brûlant, qui continue de naviguer entre folk, blues et rock au gré des humeurs de ses interprètes… Le train entre dans la maison hantée. Nous savons que nos passagers y survivront, c’est en tout cas ce qu’à l’air de le penser ce témoin muet qui figure sur la pochette du disque et qui a endossé des lunettes de protection comme pour observer une éclipse.

 

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