Conférence de presse du film Frontière(s)

Xavier Gens prend la parole en premier. Le sympathique réalisateur nous explique à quel point ce projet est une aventure, combien les contraintes pour un film du genre sont importantes. En France surtout. Il était dernièrement aux Etats-Unis pour la réalisation du film Hitman. Là-bas, le gore caracole régulièrement en tête du box-office. Une question de mentalité nous confie-t-il. Et par un effet ricochet, les rares succès de films gores français font de Frontière(s) et des autres de ce type, des projets difficiles à mener à termes. Xavier Gens garde notamment plusieurs obstacles en travers de la gorge. Comme quand il apprend peu de temps avant le tournage que le film doit être interdit aux moins de douze ans, et non aux moins de seize ans comme prévu à l’origine. Il tourne alors des séquences plus gores qui restent secrètes, jusqu’à ce que le distributeur change et qu’EuropaCorp reclasse le film interdit au moins de seize ans : « Un problème est intervenu avec les distributeurs qui n’assumaient pas le fait que le film soit violent alors que le film était déjà en préparation » déclare le réalisateur.

« Le cinéma gore français doit pouvoir exister »

 
Frontière(s) a aussi impliqué une recherche acharnée de partenaires financiers, malheureusement trop peu enclins à participer dans un projet si violent. Le budget de Frontière(s) n’était pas élevé pourtant le projet du réalisateur plaçait la barre haute. Il a donc fallu compenser.  Xavier Gens avoue que les scènes du début ont du faire avec le budget convenu. Il aurait aimé, avec plus de moyens, tourner ses scènes de façon plus poussée. Des figurants en plus grand nombre par exemple. Ces scènes sont le point de départ de toute l’histoire, tournées avec une caméra épaule pour donner une impression de chaos.
Dans le même registre, Xavier nous raconte (avec satisfaction) comment il a transformé la mention obligatoire de "scènes violentes" sur l’affiche en un atout marketing. Toutefois, le réalisateur nous confie tout de même à quel point cette forme de "censure" est difficile à gérer, et que seule l’abnégation est salvatrice. Le jeune réalisateur cri haut et fort un certain fascisme intellectuel sur lequel il ironise et provoque à travers l’avertissement présent sur l’affiche : « ce film accumule des scènes de boucheries particulièrement réalistes et éprouvantes ». Pour lui cette « censure » n’est pas tolérable.
Le réalisateur raconte avoir canalisé toutes ses envies et ainsi exorciser toutes ses influences dans la réalisation de son premier film Frontière(s). Toute son enfance a baigné dans le cinéma d’horreur, en particulier le cinéma gore des années 70 et 80. « Le besoin de tout recracher dans un premier film pour pouvoir s’éloigner de ses influences par la suite » confie le réalisateur. Quand on sait que des films cultes comme Brain Dead et Evil Dead ont été réalisés par Peter Jackson et Sam Raimi, qui ont par la suite pondu les cartons Le Seigneur des Anneaux et Spiderman,  on se demande de quoi le futur de Xavier Gens sera fait.

« On a vraiment eu la sensation de tous être une partie de ce film »

Le réalisateur Xavier Gens était accompagné de deux des acteurs du film. Ces derniers semblaient totalement emballés. Un long-métrage qui a nécessité une réelle préparation des acteurs. Il est vrai que Karina Testa et Samuel Le Bihan faisaient leurs premiers pas dans le grand bain de sang des films gores. « Un véritable travail d’équipe entre le réalisateur et les acteurs. Xavier Gens donnait les directions afin de nous montrer ce qu’il attendait de nous, sans pour autant ignorer les initiatives » lance Karina Testa. Des détails comme la façon de parler, de se déplacer, ou encore le regard. Pour Samuel Le Bihan, « Xavier Gens a réellement joué le rôle d’un coach qui poussait  à aller chercher plus loin et à donner plus. On a vraiment eu la sensation de tous être une partie de ce film ».

Après cette petite diatribe sur la conception, le débat s’anime quand il s’agit d’évoquer la réalisation et le tournage. Et rapidement, Karina Testa témoigne du niveau d’exigence de Xavier Gens : " Il avait préparé pour chacun une liste de film à voir, avec des références sur comment jouer chaque scène". La charmante actrice s’est ainsi fondue dans la peau de Yasmine en regardant tout les films de "femmes fortes" comme Alien et Rosemary’s Baby.
Les deux acteurs confient avoir eu du mal à prendre de la distance avec certaines scènes très violentes du film. Pour Samuel Le Bihan, la scène où Aurélien Wiick se fait couper les tendons reste un souvenir impérissable. Pour Karina Testa, l’immersion dans le projet était totale, à tel point que certaines des blessures qui ont abimé son joli visage n’étaient pas factices. La scène finale avec Samuel Le Bihan restera  la scène la plus éprouvante pour elle.


Frontière(s) est la preuve que le cinéma gore n’est pas réservé à nos voisins d’outre-Atlantique. Xavier Gens, Karina Testa et Samuel Le Bihan, ont réussi à transmettre leur enthousiasme. Une aventure humaine intense qui se lisait sur les visages des trois artistes. 

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