Corruption: la France bien mal placée

Pour la sixième fois, une organisation non gouvernementale, publie un classement des pays selon leur degré de corruption. La France est mal placée dans ce classement par rapport à ses partenaires. Que peut-on penser de cette analyse? Il faut tout d’abord faire preuve de prudence: mesurer ce qui est clandestin ou illégal n’est pas chose aisée. Le responsable de l’organisation chargée de cette enquête reconnaît lui-même les limites de la méthode et le fait qu’elle ne mesure que certains aspects, les plus visibles, de la question.
Ensuite, il ne s’agit que des politiques commerciales, un indice permettant de mesurer d’un côté les corrompus, ceux qui acceptent de recevoir un avantage pour favoriser une décision, et de l’autre les corrupteurs, ceux qui proposent de payer un pot-de-vin pour obtenir un contrat par exemple. Relevons que certains pays n’ont pu être pris en compte, et que certaines pressions plus discrètes n’ont pu être mesurées.
Cependant, il faut bien reconnaître que la France, pour les deux critères utilisés (corrupteurs ou corrompu) est mal placée? Les notres vont de 10 (absence de corruption) à 0 (corruption la plus grande). Pou le côté corrompu, la France obtient seulement 6,6 et la 22ème place, et pour le côté corrupteur, qui concerne les exportateurs, elle est 13ème avec 5,2: beaucoup de nos partenaires sembles plus « vertueux » que nous.
Mais il faut dépasser les apparences, et on peut tirer deux leçons de ces indices.
La première, c’est que la vie économique ne peut se passer d’une certaine éthique. Le marché, et l’échange volontaire qu’il implique a besoin de soubassement éthique. C’est évident d’un point de vue humain et moral, mais aussi d’un point de vue strictement économique, car les phénomènes de confiance, de respect des engagements, d’honnêteté, sont essentiels au bon déroulement des échanges et à leur développement: si la malhonnêteté peut-être payante à court terme, aucune société économique ne peut fonctionner à long terme sur des bases d’immoralité, et la corruption finit par être contre-productive.
Mais un second aspect n’a pas été souligné: les comportements sont influencés par les institutions. Pourquoi la corruption est-elle plus importante en France ou dans d’autres pays?
Les phénomènes de corruption commerciale, de même que les fameuses « affaires », montrent que les difficultés les plus nombreuses se situent lrsque la vie économique a été politisée ou étatisée.
La politisation artificielle des échanges et l’étatisation de l’économie favorisent les occasions de corruption, en multipliant les tentations, plus que le fonctionnement normal d’une société où chacun joue son rôle, à sa place.

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