Dan Black – Symphonies

Dan, ressent le besoin de mettre les voiles, et d’être le seul maître à bord. Lui qui a élaboré les premières démos de The Servant sur son ordinateur commençait à se sentir à l’étroit au sein d’un groupe à guitares. Control-freak assumé, il sait désormais que c’est lorsqu’il prend les commandes qu’il est le plus créatif. Comme pour marquer physiquement ce nouveau départ, Dan s’installe définitivement à Paris, au cœur du Marais, conquis par le pays qui lui a réservé l’accueil le plus chaleureux. Enfermé dans son studio perso, Dan revient à ses premières amours, des sons electro-pop qu’il explore et détourne en les accompagnant, selon l’humeur, de guitares, de cordes ou d’un refrain improvisé.

Avec la fin de The Servant, Dan Black a gagné une liberté qui lui permet de mieux se retrouver. Electron libre, curieux de tout, il refuse de choisir entre ses multiples passions pour mieux les embrasser toutes: « je suis attiré par la musique orchestrale, les BO de films, ainsi que par Sigur Ros ou Radiohead, ces artistes qui touchent aux mystères de la vie. Mais en même temps, j’aime le côté éphémère et sucré de la pop, ces petits bouts de musique l’on a très envie d’écouter dix fois de suite, puis plus jamais. J’aime aussi le hip-hop avant-gardiste, le R n’B, le Prince des années 80, les trucs groovy qui possèdent un je-ne-sais-quoi de légèrement bancal. Sans oublier les grands auteurs comme Morrissey, Lou Reed, ou Dylan. Moi, je bricole autour de tout cela, en essayant de créer quelque chose qui m’est propre. »

Pari réussi, sur un disque qui ne ressemble à aucun autre. Dan y laisse libre cours à son goût pour le groove le plus primal, celui qui fait vibrer les tripes, secouer la tête et onduler les hanches : démonstration magistrale avec les basses rampantes et les beats musclés de Alone, Pump My Pumps ou I Love Life.


Bref, toutes ludiques, défricheuses et dansantes qu’elles soient, les chansons de Dan Black ne se limitent pas à de simples gadgets musicaux. Et si l’on risque fort de retrouver plus d’un titre de UN sur les dance-floors, il serait réducteur de n’y voir qu’une collection de sucreries au goût flatteur, mais artificiel. Car l’album tout entier vibre d’une mélancolie diffuse, d’un questionnement intime dont la voix de Dan, qu’il maîtrise mieux que jamais, exprime toutes les nuances. Un sentiment que l’on retrouve sur le désarmant Cocoon, déclaration d’amour d’une tendresse infinie, ou sur l’incroyable Hypntz, un classique du gangsta-rap bravache et bling-bling que Dan a transformé en hommage inattendu et doux-amer à feu Biggie : « il n’y a aucune ironie dans ce morceau. C’est mon amour pur, mon admiration et ma tristesse qui l’ont inspiré. J’adore la logique intime et malsaine de ce texte. Il reflète le fonctionnement d’un esprit extraordinaire, hors du commun. »

On l’aura compris, il existe plusieurs Dan Black. Le mélodiste hors-pair. Le chanteur pop. Le fan de hip-hop, le touche-à-tout électro. Tous sont réunis sur son premier album solo. Un pour tous. Et tous pour UN.

 

Restait à trouver le fil rouge, le dénominateur commun de cette euphorie créative. Pour cela, Dan possède une arme fatale : cet instinct mélodique qui, déjà, faisait toute la singularité des titres de The Servant. Un véritable don du ciel que seuls les grands artistes pop possèdent, et qui lui permet d’inscrire ses chansons dans la mémoire de l’auditeur via une simple phrase musicale, jamais racoleuse mais toujours efficace. Cigarette Pack et Life Slash Dreams en sont des exemples saisissants : articulés autour de solides colonnes vertébrales, ils bougent tout en souplesse, mais restent droits dans leurs baskets, et gardent la tête haute.

 

Voir le remix feat. Kid Cudi:

Ambre

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