Dans la peau d’un papy du rock

On a beaucoup écrit sur les pierres qui roulent. Au mieux des biographies qui varient en termes d’honnêteté et de qualité de l’écriture. Ronnie Wood fait partie de ces types qui, une fois atteint l’âge prescripteur, se livrent avec une tragique honnêteté. Lire « Ronnie Wood : l’autobiographie », c’est un peu comme de s’asseoir aux cotés d’un vétéran grisonnant du rock, une bière à la main en l’écoutant se rappeler ses folles expériences. Même s’il semble avoir eu une vie relativement stable contrairement aux Jagger et Richards, les frasques le rattrapent en 1975 lorsqu’il remplace Mick Taylor au sein des Rolling Stones.

Prés de 400 pages et le plaisir de lire reste intact de bout en bout. En plus de l’art et de la musique, Wood a du talent pour les mots. Il met son style percuteur au service de toutes sortes d’histoires rocambolesques (le souvenir d’une chasse avec un couteau reste incroyable !). Il ne donne jamais d’excuses à ses comportements parfois déraisonnables mais les hisse au rang de l’absurde, du burlesque. Pas étonnant que tout le gratin du rock US de Jeff Beck à Rod Stewart en passant par Eric Clapton et George Harrison aient un jour croisé sa route -pour des périples plus ou moins longs-. Des amitiés chères. Il ne salit aucune réputation et se contente de raconter. Les mariages, les funérailles, les divorces, les naissances, les arrestations pour consommation de drogue dans l’Arkansas, l’explosion de fosses septiques, la cocaïne… Et n’oublie jamais, au passage, de se moquer de lui-même.

On pourra regretter le fil conducteur du livre. A savoir : « l’important, c’est la famille ». On en attendait plus de la part du déjanté guitariste. Mais au-delà du simple récit de vie, c’est au cœur d’un voyage tourbillonnant que nous invite Ronnie Wood. Au détour des pages, on croise tout ce que le rock a fait de mieux ces cinquante dernières années.

« Ronnie Wood: l’autobiographie » est un témoignage chaleureux et nostalgique, une plongée au cœur du « Sex, Drug & Rock’N’roll ». Un livre que les fans vont dévorer, d’autant plus qu’il est parsemé d’illustrations de Wood et de photos personnelles.

Pourquoi nous avons aimé ?

- Qui ne voudrait pas en savoir plus à propos de quelqu’un qui publie fièrement son carnet de note datant de 1959?

- Sa description de son utilisation de drogues et d’alcool a donné des nausées à la rédaction ! Donc on suppose qu’il sait de quoi il parle…

- Il a fourni toutes les illustrations et photographies personnelles. Wood est un artiste visuel qui a pris ce livre au sérieux.

- Wood fait preuve d’un sens de l’humour implacable !

Pourquoi nous avons moins aimé ?

- Une fois le livre terminé, on se rend compte au combien le rock des années 2000 est insipide…

 

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