Daven Keller – Désormais Solaire – Le Clip

En collaborant avec son vieux complice Katerine sur l’album Robot après tout, dont il a co-signé le délirant V.I.P, Bondu déjà un peu Keller s’est convaincu que la libération viendrait sans doute par le corps. Sa musique, déjà, entamait ce virage : plus physique, moins à l’Ouest (entendez moins rêveuse, plus nerveuse), désormais solaire, donc. « J’en avais marre de la mélancolie » résume cet admirateur de Justin Timberlake, un blanc-bec longiligne comme lui qui a su devenir la sex-machine planétaire que l’on sait. D’emblée sur Indigène, on reconnaît l’influence du funk tribal et minimaliste à la Timbaland et il faudra toutefois plusieurs écoutes pour apprivoiser un tel carambolage d’informations. Talk over syncopé, vocoder, beat assaillant et, surtout, goût du paradoxe, des oxymores musicaux : la guitare façon Prince de Freaks qui croise un vieux banjo country, un carnaval de samba et une nuée magique de cordes au beau milieu de l’électro-funkisant Désormais solaire.

Si Daven Keller doit quelque chose à son marionnettiste, c’est à travers cette science des arrangements qu’on en reconnaît l’inimitable manipulation. Passé l’effet de surprise que constituent les quatre uppercuts placés à l’entrée de l’album, on n’en est pas au bout, des surprises. Parti en vrille, l’album se ménage quelques tournants non moins épineux : une espèce de blues processionnel et fataliste (Aujourd’hui comme demain), un Paranoïaque qui rend hommage aux productions eighties d’Arthur Baker, cet Hallali up-tempo qui remonte encore plus loin dans le temps, à cette époque où Ennio Morricone était l’ornementiste pop le plus percutant du circuit. Daven Keller est imprévisible, il s’autorise même un sketch hilarant dont on vous laisse la surprise.

Avant une double offrande finale somptueuse, un diptyque clairement américain (Outre Atlantique et L.A Californie) où le piano, les cordes, les bruissements des villes s’entremêlent dans une rêverie jet-laguée qui procure à l’ensemble de l’album l’apparence d’un long voyage sans temps morts, où aux vives turbulences finit toujours par succéder la beauté planante d’une quiétude enfin trouvée. Réaction A s’entendra évidemment à rebours. A réaction.
Daven Keller a déjà attaché sa ceinture.       

 

 

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