Dog Pound : plongez dans l’univers des prisons pour mineurs

Dog Pound : plongez dans l’univers des prisons pour mineurs

Dans le Minnesota, 3 jeunes se retrouvent incarcérés dans la prison pour délinquant juvénile d’Enola Vale (qui signifie : Vallée de la solitude). Ils vont devoir faire face à la brutalité de l’univers carcéral et choisir entre devenir victime ou bourreau. Davis, 16 ans pour trafic de stupéfiants. Angel 15 ans pour vol de voiture. Butch 17 ans pour agression sur un officier de probation.

 

Ce n’est autre que le producteur de Eternal Sunshine of the Spotless Mind : Georges Bermann qui a soumis l’idée d’un film sur les prisons pour mineurs au jeune cinéaste, co-fondateur du collectif d’artistes Kourtrajmé. Séduit par le projet, Kim Chapiron accepte et entame alors un long travail de documentation sur les prisons américaines. Pendant un an, il se déplacera dans les divers centres de détention pour mineurs des Etats-Unis à l’affut de témoignages. Un moyen de prendre contact avec la réalité et de se rendre compte que l’atmosphère dépeinte dans la plupart des films traitants du sujet est bien souvent caricaturale. Il a ainsi découvert que les gardiens de prison exposés habituellement comme des sadiques au cœur de pierre sont pour la plupart attentifs aux détenus et leur témoignent même de l’empathie. A propos de sa première visite en prison, le réalisateur raconte :

« Je n’oublierai jamais ma première visite en prison. Le gardien chef nous ouvre la grille, trois détenus nous attendent. L’un d’eux s’était écrit « Fuck the world » sur le bras avec une punaise. Sa blessure suintait encore. La grille se referme et à ma grande surprise, le gardien n’entre pas. Mon imagination se met en marche, je me vois kidnappé par les détenus avec une lame de rasoir ! Il n’en fut rien. Les trois jeunes ravis de recevoir de la visite nous ont baladés dans le centre, nous présentant à tout le monde ».

La plupart des acteurs, notamment tous les jeunes protagonistes de la prison ont été recrutés dans la rue parmi les gangs. Le réalisateur souhaitait pour des questions d’authenticité avoir de vrais délinquants sur le tournage. Il explique son parti pris  dans un entretien avec L’Express : « Ce que va raconter le regard d’un gamin de 14 ans ayant zoné en prison sera quasi impossible à traduire pour un acteur. ». 

 

 

Pour se démarquer des nombreux films et séries effectués sur le thème de la prison, Kim Chapiron a décidé d’orienter son film sur la « white trash » : terme péjoratif d’argot américain qui désigne la population blanche défavorisée, laissée pour compte du système américain, nourrie à la junk food et à la télé poubelle. Comme il le précise : « J’ai vu trop de films de prison avec des Chicanos tatoués, des gangs de Jamaïcains qui s’entretuent dans des rapports raciaux caricaturaux. C’est un sujet surexploité auquel je ne voulais pas toucher. Je voulais placer mon émotion ailleurs ».

A part certains qui déplorent le fait que le film ne prend pas assez parti, la plupart des critiques sont plus qu’élogieuses :

« D’un film de genre, à la frontière du récit d’anticipation, qui peut se lire comme une critique acerbe de la société du tout-sécuritaire. C’est aussi, et surtout, une ode à la jeunesse et ses (im)possibilités, servie par un casting d’inconnus dont on retiendra les visages. Plus qu’un coup de coeur… Un coup de force ! » Métro

« Dog Pound est un uppercut sec comme un coup de trique, violent à en bouffer la terre, sans esthétisation ni volonté de séduire à tout prix. » L’Excessif

 

Agnes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>