Faut il avoir peur des gothiques?

Quelle que soit la mouvance – gothique ou non – je trouve qu’en ce moment il y a une fâcheuse tendance à secouer le bocal « jeune » et à tirer des boules de loto identitaires bizarres (et son corollaire naturel est de placé à objectif devant et de regarder s’aligner des chiffres suivis du symbole € + faire dire aux mémés que le monde est devenu fou).

Le schéma est toujours le même : un panneau attention danger voyant, tapageur, parfois de mauvais goût mais en tous les cas prémâché et recraché sous forme de vêtements. Ces vêtements – noirs, jaunes, à trous – représentent un groupe social et répondent parfaitement à l’instinct grégaire humain. Mais pour que la mascarade tienne sur ses deux jambes de bois cloués de communautarisme aigu, il faut y creuser de la profondeur avec une cuillère en plastique. Cette profondeur, ils l’appellent une philosophie [1] laquelle, la plupart du temps, est une forme vague et vide – un concept de vie lyophilisé, secouez avant l’emploi.

[1] Comprenez par là « philosophie de vie » soit la formule polie pour dire que les modes de vie se vendent comme des carrés de savons et qu’on est libre de choisir une marque, pour faire joli. Inventer la sienne propre sans add-on tout préparés, surgelés et prêt à mettre au four est inconcevable. Économie de marché de la pensée oblige

Mais tout forme vague vide et molle qu’elle soit, elle cueille des racines historiques et culturelles un peu partout, mettant dans le même vase et Baudelaire, Isidore Ducasse et Popppy Z Brite, sous une grosse étiquette « gothique » gommant toute les subtilités et gouffres historiques, théoriques, idéologiques qu’il existe dans/entre les oeuvres, mais juste pour dire « c’est le mien, c’est mon identité ». A vrai dire, je serai curieuse de savoir quelle glue est employée pour relier si bancalement une culture, à part celle du « sombre ». Mais à ce titre, je pourrais regrouper Zola et son naturalisme bavant de lyrique niais contenu et l’herboristerie sous prétexte que les fleurs sont une thématique importante, et mélanger par là deux matières qui ne se pénètrent jamais qu’une fois le siècle. Le raisonnement culturel est donc faux et artificiel.

Logiquement donc, ce que j’appelle la mouvance gothique est une mouvance nécrophage qui avale tout ce qui passe sous ses doigts comme un goulu petit enfant qui fera des tulipes des aliments comestible au même titre que la salade.

De manière étendue, toute mouvance actuelle procède de la même manière. Des apparences et des modes de pensées normées qui se légitiment d’une manière peu crédible mais qui pour certains suffit à justifier tout et n’importe quoi. Et de là, les extrêmes peuvent devenir représentatifs de leur mouvement, inspirant au reste de la société un panel de clichés qui parfois ne sont pas si faux que ça.

Bref, il s’agit d’un groupe social qui s’engonce dans le déni de l’individualité puisque par définition membre d’une communauté « culturelle ».
Ça n’est cependant pas entièrement mauvais.
A défaut de contenir du plomb dans le crâne, il y a des plumes sur le crânes, et autres accessoires et tissus qui contribuent à déformer le réel dans le grotesque et/ou l’étrange. Tout est faux, tout et creux, mais ça reste moins morne, moins insipide. L’animal social, le mouton, fait un bon arlequin.

Après, il y a deux niveaux de vitesse. Il y a créateurs et suiveurs, comme il y a producteurs et consommateurs. Il y a les artistes qui alimentent ces cultures par des oeuvres graphiques, scripturales etc que l’on peut soupçonner de profondeur et d’intérêt dans un cas sur trois et qui sont appréciables. Et il y a les consommateurs culturels qui s’enorgueillissent par procuration d’une culture qu’ils n’ont pas même crée, mais participent à sa diffusion et donc à son maintient puisque détenant du pouvoir d’achat. Déglutissement d‘idée et de culture, plagiat de la pensée et commerce d’idée/culture : Bienvenue dans la réalité, allez rejoindre le banc de psittacidés.

Dans le fond, ce qui m’amuse encore plus, c’est que les gens extérieurs à ces mouvances -qui, lorsque non prises au sérieux et non suivies de manière religieuse peuvent être intéressantes – prennent ces groupes avec pincettes en dissertant entre amis autour de petits fours pour conclure sur des sujets attendus. Dans le cas du gothique, les sujets redondants sont effectivement Manson, la satanisme, Anne Rice, Baudelaire, les vêtements noirs, le sacrifice de hérissons sur les tombes, les réactions dans la rue, le petit sommaire historique et les références tortueuse à des groupes musicaux – alors qu’en réalité les groupements culturels procèdent d’un cohérance arrangée. Passons.

1 commentaire

  1. Anonyme

    Ceux qui suivent, c’est ceux qui sont détésté car ils n’ont pas le truc gothic, les vrais comme des gens que je connais =P … -_- … =P ils sont super sympas et c’est souvent des gamins qui aiment ce déguisés, après ceux qui se prennent au sérieux c’est eux les vrais faible…. tellement faible qui veulent ce suicidé… moi aussi je veux me suicidé sa doit être trop cool de sauté de l’immeuble mais bon je veux pas avoir un cadavre éclaté contre le sol et pis sa pourrai choqué des gens… ouais bon on peux se suicidé en silence mais sa fait mal de se couper les veines…. lol si sa ferait du bien je ne plus là ^^ bref je suis curieux, je veux voir se qui se passera si les extra terreste vont enfin venir ou si tout le monde va crever dans une guerre nucléaire (LE pied) après si vous ne voulez pas savoir ça, essayer de tuer un maximum de personne avant de vous suicider sa fera baisser le chomage =) ah merde ya déja un arcticle sur le suicide … tant pis =)

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