Hellfest : les politiciens s’en mêlent

Depuis quatre ans, les fans de métal, de punk hardcore et de gothique  ont enfin leur festival : le Hellfest. Cet événement unique en France est un des plus pointus parmi ses confrères européens avec une programmation qui tend à rassembler les grosses pointures emblématiques de la culture métal et les petits groupes de la scène underground quasi inconnus.

Le festival au gros son s’est installé dans une petite cité médiévale de la Loire-Atlantique : Clisson. Les habitants d’abord surpris par l’arrivée de cette communauté chevelue, cloutée et tatouée à la voix rauque ont peu à peu appris à l’apprivoiser et très vite les fans de métal ont trouvé en Clisson une terre d’accueil. Il faut quand même reconnaitre que le Hellfest festival permet à la ville d’obtenir un rayonnement national voir international qu’elle n’aurait pu acquérir seule.

Mais bien évidemment, les détracteurs n’ont pas attendu pour se faire entendre. La symbolique sataniste qui entoure certains groupes de black métal et l’aspect violent qui peut être perçu de l’extérieur n’ont pas été du goût des conservateurs qui sont tout de suite montés au créneau à coup de « vade retro satanas » et de jetés de médailles de la vierge sur les festivaliers. A les entendre, le Hellfest est une manifestation sataniste, une messe noire, un appel au mal presque l’annonce de l’apocalypse ! Toutes les éditions ont donc dû faire face aux remontrances de l’Eglise catholique bien décidée à interdire la manifestation. (Une diabolisation du métal qui n’est pas sans rappeler celle qu’avait subi le rock à son apparition)

Le Hellfest 2010 débarquera tout de même du 18 au 20 juin avec une programmation du tonnerre : Kiss, Motörhead, Slayer, Alice Cooper, Deftones et bien d’autres.
Et cette cinquième édition ne déroge pas à la règle puisqu’elle est également soumise à la polémique mais cette fois-ci politique.

L’ultra conservatrice Christine Boutin a entamé les hostilités en envoyant une lettre à la marque de bière Kronenbourg afin que celle-ci arrête son partenariat avec le festival en raison du caractère choquant et outrageant de l’affiche du festival qu’elle juge « d’une violence morbide rare » et n’hésite pas à affirmer que ce genre de manifestation pousse les jeunes à la violence. Ce n’est pas la seule à s’en plaindre, tandis qu’elle dénonce « le culte de la mort » Philippe de Villiers fustige le festival en le qualifiant de « sataniste ».
Provoquant un tollé en pleine Assemblé Nationale, le sujet semble diviser l’opinion. Alors qu’un député socialiste avoue son goût pour les groupes « délicieux » de la mouvance métal, un brouhaha permanent s’élève dans l’assemblée. Il faudra attendre l’intervention du ministre de la Culture Fréderic Mitterrand pour calmer le jeu. Celui-ci défend avec humour le droit du festival d’exister. Il fait confiance à la sécurité mise en place autour de la manifestation et rappelle que les précédentes éditions s’étaient déroulées sans encombre. Il nous rappelle que notre richesse culturelle est un atout et qu’il faut continuer à la cultiver.
 « Le bruit court selon lequel le doux pays du Puy du Fou deviendrait le gouffre à Lucifer. Allons ! Il faut garder raison ! ».

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