I’m Not There

 

               

Tout est dans le titre, Bob Dylan n’est pas ici. Mais la complexité et le mystère qui accompagnent le mythe dylanien sont bien là. Bob Dylan, c’est avant tout un personnage inventé de toutes pièces par Robert Zimmerman et qui n’aura de cesse de prendre le monde à contre-pied. Bob Dylan, l’icone populaire, le folk singer, l’Américain. I’m Not There est un film qui traite autant de Dylan que de son époque et de son pays. Il a traversé les ages ou les ages l’ont traversé et ont fait de lui un concentré de culture américaine. Et cela, le réalisateur Todd Haynes l’a bien compris: " Le départ du film, c’est cela : un territoire, pas par refus du biopic classique mais un peu quand même ". En effet, la mode des biopics ne s’essouffle pas et malgré les très bons Ray (sur Ray Charles) et Walk The Line (Johnny Cash), on peut comprendre que le Zim méritait un film à son image et c’est chose faite. Dylan a du le sentir lui même puisque c’est la première fois qu’il donne son accord pour un film sur sa vie, sur ses vies. Car le principe du film est là : un dylan multiple, interprété par de multiples comédiens. Six acteurs défilent derrière la caméra de Todd Haynes, soit autant de substituts dylaniens s’appropriant chacun une facette d’un Dylan qui se métamorphose sans cesse. En 1965, il déclarait n’être Bob Dylan que quand il en avait besoin. Il n’est donc pas étonnant qu’en enfilant le costume, il retravaillait sans cesse le personnage, donnant sans cesse une nouvelle version. Dans I’m Not There on en retrouve six : Woody (Marcus Carl Franklin), jeune noir de onze ans rappelant Woody Guthrie le mentor de Dylan, Robbie (Heath Ledger) en Dylan acteur, le poète Arthur (Ben Whishaw) qui pourrait aussi bien s’appeler Rimbaud, la vie de Dylan au cœur du Village est jouée par Christian Bale, que revient plus tard en mystique converti au mouvement Born Again, le cowboy dylanien est interprété par Richard Gere sous le nom de Billy (The Kid sous entendu). La grosse surprise du casting est signée Cate Blanchett ; elle interprète et sublime le Dylan de 1964, icône rock androgyne et drogué.

            Le film de Todd Haynes bouscule le genre, il nous emmène dans un rève déstructuré au fil conducteur pas évident. Les mises en scènes changent sans cesse sans faire perdre une once du lyrisme qui fait sa force.

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