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Interviews de stars
Coco Chanel & Igor Stravinsky: interview de l'équipe du film
C’est très étrange de pénétrer l’univers de quelqu’un qui a déjà vécu, et qui, de plus, est devenu une icône. « Coco Chanel & Igor Stravinsky » est un film si pénétrant que le retour au XXIème siècle, une fois la porte de la salle de cinéma franchie, est difficile. Rencontre avec Jan Kounen, Anna Mouglalis et Mads Mikkelsen.
Brillante, vive, rebondissante, la vie de Gabrielle Chanel relève d’un incroyable destin traversant un siècle lui-même mouvementé. « La réalité est parfois plus étonnante que la fiction », répètent toujours les producteurs de cinéma. La réalité de Gabrielle Chanel est au-delà de toutes les espérances du plus imaginatif des scénaristes. Pour Gabrielle Chanel, « la légende consacre la célébrité ». Plus de quarante biographies retracent son parcours et son histoire. C’est une vie qui raconte un XXe siècle d’audace, d’amours, de tumultes et d’allure. Une biographie qui se lit comme un roman d’aventures et d’apprentissage. Cela explique peut-être la tentation des réalisateurs à porter à l’écran l’incroyable destin de Mademoiselle Chanel. Le téléfilm « Coco Chanel » avait inauguré la série, mais c’est le film d’Anne Fontaine « Coco avant Chanel » qui avait remporté le plus grand succès. Avec « Coco Chanel & Igor Stravinsky », Jan Kounen pousse le curseur temporel un peu loin et retrace la passion qui a uni la créatrice au célèbre compositeur.
Mais son histoire d’amour avec Stravinsky nous rappelle que tous ses amants ont eu une incidence directe sur ses créations: au grand-duc Dimitri, elle empruntera la roubachka, blouse typiquerusse, les pelisses, les fourrures et les broderies. A l’équipage du yacht du duc de Westminster, elle subtilisera tricots de marin, boutons dorés, parements blancs et vestes de tweed. En 1921, elle lance son premier parfum, le N°5, dont les composants premiers sont la rose de mai et le jasmin, et introduit pour la première fois des aldéhydes, un succès de parfumerie comme jamais on n’en a vu, comme jamais on n’en verra.
Jan Kounen est un chercheur. Pour aboutir à un résultat si abouti, il s’est plongé dans la documentation, les biographies, l’époque, les ballets russes, et les personnages. Le projet - qui lui a été proposé par Claudie Ossard - était déjà un scénario écrit par Chris Greenhalgh, dont le réalisateur a dévoré le livre. « J’ai digéré un peu tout, puis j’ai travaillé avec l’auteur sur le scénario. Je lui ai proposé de remettre certaines scènes du roman, d’en enlever d’autres » ajoute Jan Kounen. « J’ai rencontré Igor avec sa musique, je connaissais « Le Sacre du Printemps », mais l’écouter en boucle trente fois dans le noir, puis ressentir sa place dans l’écoute des œuvres précédentes et postérieures permet cette rencontre » ajoute-t-il. Pour Coco, c’est très différent. Il l’a réellement rencontrée en passant une journée dans son appartement, en touchant ses objets, en lisant ses livres. « Ce sont des moments émouvants, où la responsabilité par rapport aux morts apparaît et le personnage créé se tisse avec le sentiment perçu à ce moment-là » commente-t-il.
Ambre
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