Interview de Black Candy Store

Interview de Black Candy Store

On ne peut pas être excellent partout, on peut juste être bon. Et c’est déjà pas mal! Si l’album souffre de textes sommaires, les dix titres de « Back To The Wall » ne sont pas tous du même bois. Et c’est ça qui fait tout. L’excellent niveau musical du groupe permet une exploration plurielle, non exhaustive mais enthousiasmante, au pays du rock. Seul point commun entre les morceaux : une tension maitrisée.

Interview:

« Black Candy Store » : drôle de nom pour un groupe rock !

Arno : Le nom est une accumulation de clins d’œil en fait, j’aime beaucoup le morceau de Led Zeppelin « Candy store rock », morceau où Plant embrouille pas mal avec des baby, baby à ne plus savoir qu’en faire !
Et Julien rentrait de son premier voyage en Suède, où ils mangent des réglisses salées, black candies chez eux, oui je sais c’est spécial ! Voilà du coup Black Candy Store, ça sonnait bien à mes oreilles et Ju a été ok tout de suite !

Contre toute attente, Black Candy Store est un groupe français. Alors même que le nom, le style, les influences, votre son tendent à penser qu’il s’agit d’un groupe anglo-saxon. Pourquoi brouiller les pistes ?

Julien : Je n’ai jamais compris pourquoi parce qu’on est Français on doit sonner Français… Je comprends très bien ce que tu veux dire et c’est surement vrai mais en ce qui me concerne, je n’ai jamais écouté de groupes de rock Français! A part un groupe comme FFF qui pour moi est ce qui se rapproche le plus de ce qui est « ma » vision du rock. Bien sur j’ai beaucoup de respect pour des groupes comme Noir Désir ou Trust mais ca ne va pas plus loin… C’est surement une question d’époque… Je pense aussi que malheureusement c’est une question de culture et que la France veut garder son identité même quand il s’agit de quelque chose comme le rock qui pour moi n’est absolument pas quelque chose qui est Français. Comme le disais John Lennon: « c’est un peu comme le vin anglais »!
Arno : Ce n’est pas volontaire ni pour brouiller les pistes. Ju a raison, on a aucune culture Française au niveau musical tous les deux. J’ai toujours aimé le rock Anglais et US (période 90’s) alors je dirai que c’est naturellement ce qu’on fait, c’est ce qu’on aime et ce qu’on a « dans l’oreille ».

Le Rock français existe-t-il vraiment ?

Arno : Je pense qu’il existe mais que ce n’est pas une culture prépondérante chez nous. Quand tu vas en Angleterre par exemple, tu comprends la différence ! Le rock est partout, les concerts sont légion, les groupes ont les dents, tout est différent.
En France on fait du rock comme de la variété, bien propre, bien rangé dans sa catégorie, pas de folie, de rage, de poésie ou de revendication profonde. Ça a un côté très lisse, attention je ne critique pas que la France, la tendance au lissage et au coup marketing est générale. Mais un Noir désir ou un Trust, étaient de vrais représentants de ces idées et  je n’en vois aucun aujourd’hui.
Julien : Honnêtement je n’en sais rien. Le problème c’est que j’ai découvert la musique avec des groupes comme AC/DC, Aerosmith, Guns’n’roses, puis par la suite des groupes de la vague de Seattle et je pense que la différence de tous ces groupes avec les groupes de rock actuels c’est qu’ils n’ont jamais essayé de sonner comme un tel ou un tel. Des groupes Français comme noir désir ou trust avaient ces qualités aussi. Donc je suppose qu’on peut dire que le rock Français existe ou en tout cas qu’il a existé!

L’album présente des titres assez variés musicalement. Cette diversité de style est-elle assumée ? La variété peut-elle être cohérente ?

Julien : Archi assumée et même recherchée! Je sais que c’est anti-commercial mais c’est comme ca, je ne peux pas me résoudre à faire toujours la même chose. C’est marrant que tu dises ça car pour moi Recall n’est pas metal. Il est juste« heavy »! Écoute « Kashmir » de Led Zep par exemple…Ce n’est pas du métal! On peut dire que Recall est un peu le même genre de morceau mais avec un son plus « actuel » peut être. Pour Someday c’est pareil c’est une chanson plus mélancolique et je trouve qu’elle sonnait bien telle quelle. La variété est cohérente pour moi car je peux m’exprimer à travers d’autres styles/sons. Je fais selon mes humeurs et j’essaye surtout de ne pas me mettre trop de barrières!
Arno : Tous les albums que j’aime sont très variés. Et de notre part, ce n’est pas une volonté particulière, c’est comme ça que l’on compose. Someday a été un déclencheur pour nous,  « la simplicité et l’immédiateté ne sont pas synonymes de pauvreté musicale ». Nous le savions déjà mais la mise en pratique a été Someday.
Quand à la variété des titres, ils reflètent nos humeurs du moment, nos idées, nos problèmes. Je t’avoue que j’ai du mal à croire que des groupes puissent être énervés ou « méchants » sur 4 ou 5 albums ! Ou alors ils font de la taule entre les albums ! Ou tristes et mélancoliques pendant toute une carrière, c’est pareil. La vie est variée, je n’ai pas envie de me cramponner à une façon d’écrire, artistiquement je pense qu’on a besoin de cette diversité.

Vous allez défendre vos morceaux sur scène. Quelle dimension prennent vos titres en live ? Il y a-t-il des changements par rapport aux versions studio ?

Arno : Le live est tellement intense et génial ! La dynamique et l’énergie du groupe est restituée en concert, c’est toujours quelque chose de dur à capter en studio. Les changements sont minces au niveau structure, on se fait plaisir sur des solos ou autre mais la différence pour moi, c’est la dynamique. Le live s’est toujours super bien passé pour nous et pour être honnête, c’est là que je m’éclate le plus. Le studio, la compo c’est très stimulant mais la récompense pour moi ce sont les concerts !
Julien : On va essayer de jouer au maximum et de défendre notre album. C’est difficile aujourd’hui de faire grandir un groupe car le seul moyen est de taper de la route. Il y a quelques changements en live par rapport a l’album mais ça reste assez mineur. On essaye de coller au mieux à ce qu’on veut dire dans le morceau en live et c’est aussi l’occasion d’améliorer ce qui peut l’être. Le maitre mot est qu’on y apporte une énergie supplémentaire!

Un dernier mot à adresser aux membres d’Esprit jeune ?

Julien : Ayez toujours l’esprit  jeune, faites vous votre propre idée des choses en étant curieux!  Aujourd’hui c’est une des choses les plus difficiles qui soit avec cette culture de la compétition et du profit. Venez nous voir à la fin des concerts pour échanger quelques  mots!
Arno : Cultivez votre différence et appréciez celle des autres. On vous attend en live !

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