Interview de Corneille

Interview de Corneille

« Parce qu’on vient de loin » en 2002, « Les marchands de rêves » en 2005, « The Birth Of Cornelius » en 2007… Corneille Nyungura a toujours choisi des titres lourds de sens pour chacun de ses disques. Mais, à la veille de sortir son quatrième opus, le chanteur compositeur a sobrement baptisé son nouveau-né « Sans titre ». Ce serait toutefois bien mal le connaître que de penser une seule seconde qu’il s’est retrouvé en panne d’inspiration ou à court d’idées…  

 

Car sous l’apparente simplicité de ce titre se cache  la quête d’une plus grande liberté et la volonté de l’assumer au grand jour. « C’est une manière pour moi de revendiquer le droit de ne pas être étiqueté quelque part. Cela représente assez bien l’état d’esprit dans lequel j’étais quand j’ai fait cet album. J’avais envie de sortir du moule dans lequel on me mettait ou dans lequel je pouvais me mettre moi aussi en tant qu’artiste. On peut se croire soi-même dans une catégorie, on se dit, voilà ce que je suis, voilà ce que les gens attendent de moi, donc voilà ma place, alors que ce n’est pas nécessairement ça ». Qu’on se le dise, catalogué dès le départ dans le R&B ou la soul, Corneille est un artiste libre dans sa tête et dans sa musique, un artiste qui a toujours milité pour l’ouverture des frontières, un artiste capable de chanter aussi bien avec un Cheb Mami ou un Lokua Kanza qu’avec un Calogero ou un Craig David.

Ce nouveau disque marque aussi son grand retour à la langue française, après un intermède en anglais avec « The Birth Of Cornelius » sorti sur le célèbre label Motown. Un disque qui lui a permis de se rapprocher un peu plus de ceux qui l’ont toujours guidé, les Stevie Wonder, Marvin Gaye, Sam Cooke et autres Nat King Cole, et de rencontrer un franc succès au Japon. Mais Corneille ne pouvait se passer plus longtemps de la langue de Molière.

Fidèle à lui-même, l’artiste nous livre une nouvelle fois un album très personnel. Dix chansons écrites et composées en l’espace de quatre mois, fruits d’une étroite collaboration avec celle qu’il a épousé en 2006, l’ex-mannequin et chanteuse Québécoise Sofia de Medeiros, qui a publié son 1er album « Bliss » en 2008. « Elle m’a demandé les thèmes que je voulais aborder, elle a écrit des textes avec une structure couplets-refrains, et j’ai apporté ensuite ma touche à ses textes. C’est un truc qui nous est venu en travaillant sur son disque à elle. Je lisais ses paroles et elles me venaient avec des mélodies et des arrangements à la guitare instantanément ».

Une méthode de travail bien rodée donc, qui a contribué à donner le ton de l’album et à apporter à Corneille un son nouveau en même temps qu’un brin d’excentricité « chedidienne » dans ses accords, à  l’image du surprenant « Pauvre cynique ». Aujourd’hui, c’est donc un homme libéré qui a pris  la place de l’adolescent torturé pour couler des jours heureux avec sa moitié. Au point même de croire en l’amour éternel et de chanter ses louanges sur des airs de funk des années 80 dans « Vieillir avec toi ». Le marchand de rêves se serait-il reconverti en VRP du mariage ?  Cela n’empêche pas, malgré tout, Corneille d’être réaliste et d’envisager l’amour autrement que sous son plus beau jour, comme sur l’entraînant « Elle me ment » qui navigue entre pop, soul et new wave, l’émouvant « Sans nous » à la mélodie désespérément romantique ou la ballade « Je me pardonne » qui clôture magnifiquement l’album sur des notes de piano. Bien conscient que le bonheur peut aussi bien n’être qu’éphémère, Corneille peut néanmoins se rassurer sur un point. La musique sera toujours là pour panser ses blessures.

 

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