Interview de Dominic Sonic

EspritJeune : Dans les années 80, tu étais le chanteur de Kalashnikov. Que retiens tu de cette époque ?
Dominic Sonic : Je retiens surtout, au-delà de la mise en danger physique permanente que représentait notre mode de vie, le fait que j’aie fais mes « classes » au sein de ce groupe. J’y ai appris à chanter, puis à jouer de la guitare, et enfin à composer.

EspritJeune : Tu as aujourd’hui une expérience certaine dans le milieu de la musique. Quel regard poses tu sur cet univers particulier ?
Dominic Sonic : Je me suis rendu compte au fil des années que le milieu de la musique, malgré ses particularités horaires et mégalomaniaques, n’était pas très différent du monde du travail. La proportion de connards y est la même, la proportion de gens intéressants également. Je pense qu’il s’agit d’une coquetterie que de se penser en marge, avec pour seul argument le fait d’être « artiste ».

EspritJeune : Tu fais la première partie du groupe Deportivo. Comment s’est passée cette rencontre ?
Dominic Sonic : J’ai rencontré les Deportivo un peu par hasard en effectuant un remplacement en tant que backliner. On s’est bien entendu et ils m’ont embauché. Depuis, nous sommes devenus amis. Même s’ils sont plus jeunes que moi, nous nous sommes trouvés de réelles affinités.

EspritJeune : Ton dernier album s’intitule « Phalanstères 7». Pourquoi ce titre ?
Dominic Sonic : Le titre de l’album est d’abord un hommage au philosophe utopiste Charles Fourier chez qui le phalanstère représentait le lieu de vie d’une société totalement repensée et constituée de 1280 personnes (dont 640 femmes). Le collectif Dominic Sonic/Bikini Machine dans lequel nous avons enregistré l’album et où nous répétons avant la tournée m’a fait penser à une micro-société un brin utopiste, d’où le rapprochement. Le chiffre 7 concerne l’année et le fait que cet album soit mon septième (en comptant le Kalashnikov).

EspritJeune : Comment qualifies tu ton style musical ?
Dominic Sonic : Glam-rock ? Le fait que les morceaux alternent entre rock et ballades acoustiques empêche tout amalgame… Aucune idée, en fait.

EspritJeune : Musique, théâtre, écriture… tu es un artiste pluridisciplinaire. Ne penses tu pas être un OVNI dans ce milieu ?
Dominic Sonic : Pourquoi le serais-je ? Je ne m’interdis rien et je pense que ce devrait être la définition de « l’artistique ». Je fais également de très bonnes pizzas vénusiennes.

EspritJeune : 2007 est donc pour toi une année chargée. Quels sont tes projets ?
Dominic Sonic : Je répète en ce moment en vue de la tournée. En janvier, je fais du théâtre tout le mois à Nantes avec Jackie Berroyer. Ensuite, il est prévu que l’on tourne jusqu’aux festivals d’été.
En ajoutant la promo, je n’aurai vraisemblablement pas trop le temps de m’ennuyer.

EspritJeune : Si tu détenais le pouvoir d’inviter à un dîner tous les artistes que tu admires, à qui enverrai tu un carton (le nombre de place est illimité!)?
Dominic Sonic : A ma droite, Iggy Pop. Il y aurait ensuite Lou Reed, Bowie, Léonard Cohen, Keith Richards. Il y aurait également mes auteurs favoris dont Jean Echenoz, quelques comédiens sympas ( Berroyer, Bouchitey, Bacri, etc), quelques autres comme Paccino, Depp, Brando. Il y aurait également des intellos (merde Derrida est mort), des politiques (Julien Dray, Rocard) histoire que les polémiques fusent. Il y aurait avant tous mes amis et ma chérie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>