Interview de Stéphane Debac pour le film La Proie

Interview de Stéphane Debac pour le film La Proie

Il y a des rencontres que l’on redoute.  Non pas que Stéphane Debac soit particulièrement impressionnant (il est au demeurant très sympathique) ; mais Jean-Louis Maurel, le personnage de sociopathe pervers qu’il interprète dans La Proie, le dernier et très attendu film d’Eric Valette, est un être si insaisissable qu’il parait difficile pour un acteur de sortir indemne d’un tel rôle.

Manipulateur, ambigu, à l’aise aussi bien dans la légèreté que dans la folie, Jean Louis Maurel parait aussi « normal » que Michel Fourniret était inquiétant. Une banalité à glacer le sang, travaillée à la perfection par un Stéphane Debac transfiguré.

 

L’affiche ne lui rend pas hommage et pourtant, Jean-Louis Maurel est le personnage clé du film. Celui sans qui le héros, Franck Adrien (Albert Dupontel), un dur à cuir au grand cœur, ne serait jamais allé au bout de lui-même.
Leur rencontre a lieu en prison. Jean Louis Maurel est libéré avant Franck Adrien et en profite pour lui subtiliser le butin de son dernier casse, pour assassiner sa femme (Caterina Murino) et offrir sa fille (Jaïa Caltagirone) à son épouse en manque d’enfant, admirablement interprétée par Natacha Régnier. Une course contre la montre commence.

Le gros souci avec La Proie est sa nationalité. Eric Valette a tourné One Missed Call aux Etats-Unis, ce qui lui donne un certain talent pour l’action, mais comme toujours avec les films français, on se situe en deçà des séries d’outre-Atlantique qui ont déjà exploité la thématique des tueurs en séries avec brio. On pense à Criminal Minds et cette référence, pourtant non assumée par l’équipe du film, rend le tout prévisible.

La grande réussite de La Proie est donc son casting. Le trop rare Albert Dupontel s’amuse et ça se voit. Il assure les cascades d’un rôle physique et difficile, ce qui prouve sa dimension de grand acteur. Et Sergi Lopez donne de la profondeur à un second rôle qui aurait pu rester ordinaire. Seul bémol, Alice Taglioni, inexpressive en jolie policière d’élite.

 

 

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