Interview de The Enjoys

Chanter en anglais, mais intituler son EP « Made in France », voilà qui vous donne un bref aperçu des réjouissants paradoxes de The Enjoys, jeune groupe rock, composé de quatre garçons -dans le vent ?-, révélé grâce au site NoMajorMusik.

Valeur montante du rock français, ils ont enflammé la scène de la Maroquinerie cette semaine devant un public de fans à peine pubère, les cris d’hystérie qui vont de paire, qui leur était tout acquis.

 

Exceller tant dans le répertoire musicalement agressifs qu’en ballades est l’apanage de beaucoup de groupes de rock. The Enjoys rompt avec cette tradition. Leurs ballades ne mènent nulle part, si ce n’est au pays de l’ennui, même si elles ont encouragé quelques flammes de briquets. Les ballades, ce n’est pas leur fort, c’est dit, mais ce n’est pas non plus ce qu’on leur demande ! Ils font du rock, du bon rock, et s’affranchissent des codes classiques du genre avec génie. On soupçonne quelques facilités d’oreille, heureuses conséquences de leurs années de formation classique, mais les difficultés techniques sont surmontées avec brio. Les musiciens sauront combien la maîtrise du son saturé est difficile à posséder. Il est si facile de tomber dans le « rock dur et gras du garage de papa ».

Les mauvaises langues diront tout de go qu’il s’agit là d’une vulgaire réminiscence de la voix déjà tracée (et usée jusqu’à la corde) par les BB Brunes & co. Laissons les dire, qu’ils écoutent! Musicalement, on tape du pied toujours mécaniquement et souvent de plaisir. On reste surtout admiratifs face à la technique des musiciens et spécifiquement du batteur qui s’est livré à un intermède façon marche militaire complètement barrée, tout au long duquel il a eu le loisir d’exprimer son talent de percussionniste.

Leur look est un mix entre Tokio Hotel, BHL et Coldplay. Tokio Hotel pour le leader, beau garçon au look androgyne et le guitariste aux dreadlocks savamment arrangées. BHL pour les chemises ouvertes, façon nouveau philosophe avec 30 ans de moins, la pilosité, la sueur et les pectoraux sagement saillants en plus. Coldplay (version « Viva la Vida ») pour le choix d’un uniforme de scène réussi : même blazer noir, velours, perles, étoiles et rubans personnalisés.

On ne peut que souligner l’effort de jeu scénique qui donne la pêche. Ni la fatigue, ni la chaleur ne semblent faire faiblir Hugo (le chanteur), quasi en transe sur leur morceau phare « Why are you lying ».

L’écoute des morceaux proposés sur leur MySpace laisse présager un album tout aussi qualitatif. On est heureux alors que des concepts tels que NoMajorMusik existent, rien que pour prouver que même la crise n’aura pas la peau de la création musicale. Les talents sont là, il suffit de miser sur eux et de venir les applaudir sur scène.

 


Merci au groupe. A noter la présence sur scène d’un clavier tout à droite sur la vidéo.

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