Interview des HushPuppies

Espritjeune : Ca fait quoi de venir jouer à Lille ? Vos impressions.
Franck : : L’impression de jouer ici est un peu bizarre car on avait déjà joué ici il y a deux ans, même salle, tout était pareil, et le concert s’était mal fini car on avait fini par se battre avec un gros crétin dans les loges, qui avait cassé le camion. Donc on gardait un souvenir quelque peu mitigé alors que le concert s’était bien passé. Et ce soir pour moi le concert était mi-figue mi-raisin.
Cyrille : C’est mi-figue mi-raisin parce que il y avait entre autre vous au premier rang, parce que les premiers rangs, c’était de la folie, et curieusement derrière, on avait cette impression d’arc de cercle avec des gens un peu plus calmes, âgés. Peut-être plus attentifs à la chanson, ils ont peut-être applaudi à la fin du concert si c’était bien.

Espritjeune : : « I want my kate moss » est sur toutes les lèvres, comment vivez-vous cela avec ce succès naissant aujourd’hui ?
Cyrille : Ce morceau est un super morceau écrit par les Hushpuppies !
Olivier : sur scène d’ailleurs j’ai dit « voici notre nouveau morceau », parce que c’est notre nouveau single. C’était une espèce de blague, quelle est la question en fait ?

Espritjeune : Tout simplement comment vivez vous votre succès?
Olivier : Bon, qu’est-ce que tu veux que l’on réponde ?
Franck : c’est un petit succès d’estime, ce n’est pas non plus LE gros succès. On ne remplit pas encore des salles énormes. En fait on a déjà ressenti ce « succès » car c’est la suite de notre premier disque et de « You’re gonna say yeah » qui nous avait pas mal lancé. Là c’est juste une petite évolution. Le succès on l’a réellement pris dans la tête il y a deux ans, si on peut appeler ça ainsi.

Espritjeune : vous êtes vous appelés les Hushpuppies ? Une passion envers les bêtes?
Cyrille : Non c’est ma Maman qui a trouvé le nom !
Olivier : Exactement !
Cyrille : Allez, la vraie légende c’est qu’à l’époque où l’on formait les Liquids à Perpignan, on en avait marre de ce nom là et c’était une période de remise en question où l’on voulait trouver un autre nom pour le groupe alors on s’est débrouillé pour trouver une autre entité. On s’est alors mis à poser la question à tout le monde et un jour ma maman à sorti « oui mais hushpuppies, c’était les chaussures que vous portiez quand vous étiez petits ». Alors pour nous, c’était un symbole en fait.

Espritjeune : Certains disent que le rock c’est de la merde, votre opinion ?
Cyrille : (Rires)Ha j’aime bien cette question ! Joli !
Olivier : Non mais ils ont raison, c’est de la merde le rock ! Déjà il ne faut pas se prendre au sérieux quand tu fais du rock donc dans ce sens, oui, tu peux dire que c’est de la merde. Tu peux faire du rock avec une merde à la main, ou en chiant. j’imagine que tous les gens qui n’écoutent pas du rock ou qui n’en font pas disent que c’est de la merde. Ils pourraient dire « j’aime pas ». Par exemple, **** j’aime pas !
Cyrille : Ah non mais justement, **** c’est de la merde ! Oui, parce que le rock c’est pas toujours de la merde mais **** OUI !
Franck : On ne peut pas porter de jugement sur ce groupe …
Cyrille : Je prend la question en disant la même chose qu’Olivier. En effet, les gens qui écoutent de la variété française et pensent qu’un groupe tel que les Hushpuppies c’est de la sous-merde car c’est une pâle copie de ce qu’il peut se faire en Angleterre et je pense finalement qu’on a plus de critiques parce-que l’on est français et qu’on essaye de s’attaquer à quelque chose qui ne l’est pas plutôt que si on faisait de la mauvaise chanson française. On pourrait nous dire « oui mais peut-être que dans plusieurs années ce groupe ci donnera quelque chose ». Et nous on tente de se frotter à un truc qui correspond à nos origines, nos goûts, et en France c’est un peu difficile de s’imposer sur ce genre de registre. Et Olivier ajoute: En tous cas, le rock français, c’est de la merde ! Nous, on fait du rock tout court !

Espritjeune : A-t-il changé le monde selon vous ?
Franck : Il a sauvé pas mal de vies surtout ! Les nôtres en tous cas. Il a changé beaucoup de vies et beaucoup de gens. Je pense que ça n’a rien changé mais que ça a aidé à changer certaines choses, le rock parmi d’autres choses.
Olivier : Le rock, ce n’est pas non plus que de la musique. Certaines personnes font des choses plus calmes que du rock, mais pour eux, ça en est. C’est une question d’interprétation.
Franck : Si on parle au sens large, il y a plein de choses qui touchent au rock. Les photographes de rock, des dessinateurs… Après tu vois, si on parle de l’état d’esprit rock aussi, c’est encore différent.
Cyrille : En fait oui, c’est plus un état d’esprit que de la musique ! Car on peut comparer des artistes qui disent faire du rock, alors que c’est différent. Il y a des mecs qui font du rock en touchant au hip-hop, à la soul, à la pop etc… c’est vraiment plus une façon d’être et de voir la musique qu’un style en soit. En terme musical, ça a été défini comme quelque chose qui s’opposait à autre chose. Le rock est devenu un terme pour dire, dans les années 60, « tu fais du rock alors tu es contre la société, tu ne vis pas comme les autres ». Et ça a continué à représenter cela même aujourd’hui.
Franck : C’est là que je rebondi ! (L’action suit la réponse, rebondissement sur le canapé de la loge) Et aujourd’hui, c’est là que l’on va reparler de notre morceau « Bad taste and gold on the doors », dans les années 50 – 60, on pouvait parlé de vraie rébellion, et aujourd’hui cela devient une caricature. Le rock est maintenant consensuel, je veux dire, n’importe quel gamin qui ne s’oppose même à rien peut faire du rock dans sa cave pour s’amuser, ou se prendre pour Pete Doherty ! Et « I want my Kate Moss », ce refrain, est à prendre au second degré où l’on se moque un peu de tout ça.

Espritjeune : Vos Hendrix à vous, qui sont-ils ?
Cyrille : Ah personnellement j’adore Hendrix ! C’est très cliché, oui, mais pour un guitariste, il y a quand même malheureusement pas énormément de références en terme de guitare.
Franck : : Moi j’ai beaucoup d’influences. J’essaye de voir tout. Un rock au sens large : Folk, électro, pop … Et ensuite je vois ça à ma sauce. Et je pense que l’on fait tous un peu ça.
Olivier : Quand j’écoute de la musique je ne me dis pas « je l’écoute pour être influencé ». Je pense que nous sommes influencés par tout, même par Jean-Jacques Goldman car il a bercé notre enfance. Tu ne sais pas l’impact que les musiques ont sur ce que tu fais. Après, il y a tes goûts qui rentrent en compte évidemment. Par exemple, il y a des gens qui m’ont dit que sur scène je ressemblais à Freddie Mercury ou à Mike Jagger. Je n’avais jamais vu de concert de Mike Jagger en live jusqu’à il y a deux ans.
Cyrille : Là tu pointes un autre souci du doigt ! Le souci culturel français ! On connaît que très peu de choses en rock français, avouons que nous sommes complètement largués. Et malheureusement, nous avons besoin de cette référence en disant « les hushpuppies sont les nouveaux Franz Ferdinand français ! ». Et comme nous connaissons que ça, forcément on va nous comparer à eux. Le problème c’est que nous n’avons pas eu assez de culture à la Beatles ou à la Rolling Stones, de groupes porteurs dans un développement musical et aujourd’hui donc on se retrouve dans une génération où nos parents écoutaient Brassens au lieu des Beatles. Alors on nous parle beaucoup plus de Brel ou de Brassens que de culture réellement rock en France.

Espritjeune : Avec quels groupes français rêveriez vous de jouer ? (s’il y a)
Olivier : A.S Dragon !
Franck : Mais ils n’existent plus …
Cyrille : Personnellement, j’aurai bien aimé jouer avec Les Thugs !

Espritjeune : Une anecdote sur les Hush qui était jusque là restée secrète ?
Franck : Wilfried a une grosse verrue mal placée.
Cyrille : MAIS ! Ca plait beaucoup aux filles !
Olivier : Attends, je rectifie.
Cyrille : Ah non, on ne rectifie rien du tout ! Non Non Non ! Question suivante !
Olivier : C’est mon frère mais ce n’est pas congénital, je tenais à préciser !

Espritjeune : Un dernier mot ?
Franck : je ne sais pas.
Olivier : elles sont chiantes tes questions hein, le genre de question philosophique où l’on doit réfléchir !
Cyrille : Qu’est-ce qu’il faut dire ? Ha, j’ai un dernier mot. Pause une autre question. Allez, si,si !

Espritjeune : Oh non, c’est moi qui décide.
Cyrille : non, elle ne me plait pas celle là. Allez, qui te viens, là, vas y ! Elle va trouver, attendez, elle va trouver !
Olivier : On peut dire 3 derniers mots ? BUVONS DES COUPS !
Cyrille : Oui, c’est pas mal.
Olivier : Bon, on descend ?

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