Khady, MUTILEE

Khady raconte comment, à l’âge de 7 ans, les gens de son village, ses grands-parents, ses parents, l’ont laissée se faire exciser.
Elle écrit la douleur vécue durant près de 30 ans, qu’elle soit dûe à son excision, à son mariage raté ou à la perennité de cette tradition barbare.

Résumé

Khady voit le jour en 1959. Elle vit au sein d’un village sénégalais, au milieu de trois générations.
Là-bas, un village comprend une famille, avec un « maître » : son grand-père. Les mariages ne se font que dans la famille, entre cousins-cousines par exemple. La polygamie n’est pas chose rare : le vieil homme a trois épouses, et l’une d’entre elles élèvera Khady jusqu’à sa mort.
A l’âge de 7 ans, sa mère l’envoit chez une femme de la caste des « forgerons » : l’exciseuse.
Cette blessure marquera l’enfant qu’est Khady et dictera sans aucun doute sa conduite future.

Dans cet ouvrage, Khady nous fait part de son mariage raté, de ses faiblesses (elle fera exciser ses trois premières filles) mais aussi de son combat pour éradiquer ces techniques de purification qui, elle le précise bien, sont un simple prétexte trouvé par la gent masculine pour affirmer sa supériorité et n’a donc rien à voir avec la religion.

Mon avis

Les plus :
C’est un beau livre grâce à la richesse de la culture sénégalaise dont Khady nous fait part.
On y apprend un tas de choses dont une, qui m’a particulièrement choquée : en Egypte, l’excision ne se limite pas à l’ablation du clitoris, mais à l’ablation de la majeure partie de l’appareil génital externe, c’est-à-dire des grandes et petites lèvres également. Le tout est cousu de manière à ne laisser qu’un petit orifice pour uriner!!!
C’est un témoignage émouvant qui ne peut laisser indifférent.
C’est non seulement le témoignage d’une victime, mais également d’une battante qui se réfuse à laisser cette technique se perpétuer. Effectivement, Khady milite au sein d’organismes et espère que le livre atteindra le Sénégal, et tous les pays concernés bien entendu.

Les moins :
La seule chose que je lui reprocherai, et c’est un avis personnel, est l’hypocrisie dont elle fait preuve :
Elle raconte comment, à 7 ans, elle a hait sa famille et d’un autre côté, elle laisse ses filles se faire exciser! Pourtant elle vit en France (plus de poids familial), elle est cultivée, intégrée, et surtout, elle connait l’immense douleur!
De plus, son mariage est un fiasco, son ex mari la bat et elle continue de vivre au même endroit, alors qu’ils sont divorcés, alors qu’elle peut aller ailleurs.
Elle se dit pourtant rebelle…
La cerise sur le gâteau est l’excuse qu’elle se donne : c’est pour les enfants qu’elle agit de cette manière. Je ne peux croire ça, qui pourrait croire ça? Elle-même n’y croit pas! Quel enfant serait heureux de voir sa mère se faire battre par son père? Aucun!

En conclusion :
C’est un beau livre (oui je radote!) qui fait réfléchir.
Il est porteur d’un message, il remet les points sur les « i ».
En bref : A lire !

1 commentaire

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