La confiance : épreuve de temps.

« La confiance n’est pas quelque chose qui se donne d’un trait. C’est un processus de vie ».
Mme Kamdem sait de quoi elle parle. Mariée depuis 38ans, elle a eu le temps de jauger son attachement à son époux et vice-versa. Aujourd’hui, lorsqu’elle parle de monsieur Kamdem, c’est comme d’elle-même. « Si tu me dis à l’heure si, que mon mari est avec une autre femme, je te dirai que tu mens et pour cela, je mettrai ma main au feu » jure l’épouse avant de poursuivre : « je connais mon mari et je le connais bien. Il me donne son programme tous les jours, même encas d’imprévus. J’ai toujours été au courant de sa vie professionnelle, sa fiche de paie, je l’archivais tous les mois et je gérais les revenus familiaux. Maintenant je l’accompagne tous les jours toucher sa pension ». Et lorsqu’on lui demande le rapport entre tout cela et la confiance, elle s’explique : « Confiance et vérité marchent main dans la main. Il y’a des choses qu’un homme montre difficilement à quelqu’un d’autre, même à sa femme. Quand vous atteignez le stade où vous ne vous cachez rien, vous n’êtes plus loin de la confiance ».
A la question de savoir si l’on peut parler de confiance dans une relation naissante, Mme Kamdem répond : «il faut du temps pour que les gens qui se rencontrent s’ouvrent véritablement l’un à l’autre. Avant un certain temps, la confiance reste au stade de promesses. Avec le temps on passe des promesses à la réalité. Seul les faits et gestes de la vie quotidienne peuvent encourager ou freiner cette mutation ».
La confiance ainsi présentée ressemble à un idéal. Ce que notre interlocutrice refuse d’admettre : « la confiance est une vertu. Toute vertu se vit. Lorsque je parle de mon mari, n’allez pas croire que c’est Dieu sur terre. Mieux que les qualités, il faut maîtriser les défauts de son partenaire. A une époque, mon mari ne regagnait pas la maison avant sa séance de Billards électriques. Ayant constaté que mes plaintes l’encourageaient plutôt, je l’y retrouvais et j’essayais même de jouer avec lui. Avec le temps il m’a dit que sa femme ne devait pas s’afficher de la sorte. Conséquence : il a cessé de jouer ».
Mme Kamdem martèle qu’il faut davantage éduquer les jeunes à ce processus, parce que, dit-elle : « A notre époque les enfants étaient une richesse, l’argent avait de la valeur. L’enfant n’appartenait à personne, et chacun pouvait subvenir aux besoins des enfants des autres. Le VIH/SIDA n’existait pas, ce qui nous laissait le temps de jouer la vie ».

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