La fin d’un siècle

Naguib Mahfouz n’est plus. C’est un écrivain égyptien né au Caire en 1911. Il a suivi des études de philosophie à l’université du roi Farouk (actuellement université du Caire). Il a d’abord commencé par écrire des articles de presse. A la fin de ses études, il avait en sa possession plus de quatre-vingt nouvelles.
Il a occupé plusieurs postes au ministère de la Culture depuis son entrée à la fonction publique en 1935 après avoir renoncé à une carrière universitaire et cela jusqu’en 1971, l’année de sa retraite.

Entre 1939 et 1954, Mahfouz a commencé ses premiers scénarios. « Impasse du Palais », « Le Palais du désir et la Sucrerie » constituent la fameuse « trilogie du Caire » dans laquelle il retrace la vie d’une famille appartenant à la petite bourgeoisie en passant par trois générations depuis la première guerre mondiale jusqu’en 1952, date de l’abolition de la monarchie. Il a conquis toute l’Egypte et est devenu premier homme de lettres du monde arabe.

Son succès ne s’est pas arrêté au pays des pharaons, cet écrivain au talent incomparable a envahi par ses mots le public occidental dans les années quatre-vingt-dix suite à la traduction de ses écrits en plusieurs langues étrangères. Ainsi, un nouveau genre littéraire classiquement étranger à la culture arabe et égyptienne, le roman qui comprend notamment plusieurs types littéraires : historique et cela se voit grâce à « l’Ironie du Sort » publié en 1939, naturaliste apparu avec la sortie en ventes du « Passage des Miracles » en 1947, symbolique plutôt avec « l’Epopée des Voyous » paru en 1977 et bien d’autres.

En 1994, Naguib Mahfouz a été victime d’une tentative d’attentat accompli par des islamistes suite à la publication des « Fils de la Médina » en 1959 qui a causé la colère des autorités musulmanes. Et depuis, Mahfouz ne peut plus bouger sa main gauche qui a été paralysée. En 1988, il a reçu le prix Nobel de littérature pour toute son œuvre composée d’une cinquantaine d’ouvrages. Le 16 Juillet 2006, Mahfouz a été emmené en urgence à l’un des hôpitaux du Caire suite à l’aggravation de son état de santé. C’est seulement le 30 août 2006 qu’on nous annonce la terrible nouvelle de sa mort laissant derrière lui un passé mémorable et un succès incroyable. Il avait quatre-vingt-quatorze ans à sa mort.

On retiendra toujours « le Voleur et les Chiens » paru en 1961 ou encore « Dérives sur le Nil » publié en 1966 sans oublier « Miramar » sorti en 1967. Le monde a donc perdu l’un des défenseurs de la liberté et des droits de l’homme. La littérature arabe et internationale n’en sera que plus pauvre, au revoir professeur.

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