LA VIE ET LA MORT

Je n’espère plus rien de la vie, tout en écoutant mon morceau préféré de Nirvana je pense à ma vie, si triste dans sa routine, si malheureuse dans son aspect rose mais si noir en son intérieur. Cela doit être les habitudes, je vérifie quand même si je fais des fautes d’orthographes alors que dans un quart d’heure je serais prés du Christ.
Tiens parlons en de celui là ! Dans mon berceau il était déjà présent, pas pour moi mais mes parents qui ayant décidé que je deviendrais religieuse m’ont envoyé dès mes sept ans dans une école catholique. Ou les prêtres enseignaient plus le lavage de cerveau avec ces prières longues et ces jeûnes affreux que l’apprentissage de la bonté et de la joie… je n’en ai pas connu beaucoup de la joie d’ailleurs, après mettre enfuie de ce pensionnat je me suis réfugié dans un squat sordide ou je j’apprenais le maniement des seringues et des préservatifs troués.
En relisant ces lignes je m’apercois qu’elles sont plus tirées d’un lovre pour jeunes filles que la vraie vie que j’ai connu, ma vie n’est pas un bonheur mais je ne veux pas qu’elle tourne au mélodrame. Il est vrai qu’après ces dizaines de pilules que j’ai avalé je n’en ai plus pour longtemps mais j’ai pour l’instant encore des sentiments et je ne veut pas que l’on se dise que je suis une héroïne de ces romans dont ma sœur se gavait. Ma sœur qui d’ailleurs a échappée a mon triste sort et qui se terre dans le ranch de mes parents pour se cacher de « cette sœur sorcière et démoniaque » dont mes parents lui ont tant parlé.
Je sens des vapeurs sournoises me monter à la tête et m’empêcher d’écrire, je crains ne pas pouvoir déballer mon sac jusqu’à la fin, il faut que je me dépêches avant…
Ou en étais je ? Je ne me souviens plus. Tant de souvenirs se bousculent en moi. Voulant tous réapparaître dans mon cerveau fatigué et affaibli. Je n’en laisse passer qu’un : celui de Georges, un jeune homme au regard doux, je ferme les yeux laisse passer une larme de mes yeux rougis. Le seul souvenir indésirable, celui le plus méprisable, le plus dur mais aussi le meilleur, celui qui causa ma perte…Georges…je frissonne qu’à prononcer ce prénom… est ce l’effet de mon cerveau malade mais je sens des frissons me parcourir l’échine quand je pense à lui. Je l’ai rencontré dans le squat alors que je me piquais le bras, laissant la douce sensation de bonheur que me procurai l’héroïne pendant une seconde avant de me transformer en zombi dépendant. Il entra comme une lumière, éclairant ma condition de droguée jetant un espoir, nourri de ces années de solitude et de drogue dure, de me ramener à la lumière. Il me sourit tendrement et se dirigea vers Fred le Boss, le dealer. Mon espoir tout de suite disparut, cet homme n’était rien d’autre qu’un junkie comme il en défile des dizaines dans ce squat.
Mais quelque chose dans son regard bleu électrique me faisait penser le contraire. Je ne me souvient plus très bien, ces vapeurs malsains viennent par vagues dans mon cerveau et me font oublier. Je me rappelle qu’il me prit dans ses bras comme un ange et que nous sortîmes dans la nuit noire. Il me parla alors du monde qu’il avait visité, des hommes qu’ils avaient rencontré sans vraiment les connaître, des drogues, enfin, qui l’avait détruit sans l’affaiblir. Nous avions marché longtemps, des heures ou des longues minutes ? Cet gangrène qui assiége mon cerveau ne me permet plus de le savoir. Après cette discussion, il partit non sans m’avoir arraché mon nom et un baiser. Je ne retournai plus jamais au squat après l’avoir rencontré. Je sais que sans lui, je serais morte deux peut être trois jours après. Mais lui a fait que ma vie continue, que je souffre encore de vivre dans un monde qui me rejette, dans le seul espoir que je le revoie et qu’il me sourit encore. Mais je ne le revu jamais. Il m’avait dit de partir loin très loin de Paris. Je lui avais obéie et j’étais partit. Mes souvenirs sont trop flous pour que je sache comment je m’étais retrouvé dans le brouillard continuel et opaque d’une des banlieus tristes et sournoises de Paris. Je peux me rappeler n’être qu’une ombre au regard vide et à la silhouette gracile ne souhaitant que retrouver l’homme qui l’avait ramené dans la lumière.
Mon périple dans les ruelles sales et sombres de cette banlieue ne s’acheva qu’à l’apparition d’une église noircie par les vapeurs et la pollution.
Ne sachant où aller, j’y étais entré. Enfin mon corps s’y était dirigé car mon esprit vagabondait dans les courts mais lumineux souvenirs que j’avais de celui qui disait s’appeler Georges. J’étais donc entré dans l’église, domaine de Dieu, maison de celui que je haïssais auparavant, Le Christ comme ces idiots l’appelaient.
L’homme qui m’avait torturé l’esprit alors que je n’étais qu’une gamine sans expérience de la vie.
Je dois arrêter d’écrire, mon morceau préféré de Nirvana s’est arrêté. Comme ma vie dans un quart d’heure. Je songe à cette chanson et à son chanteur : nous sommes le 5 avril 2004, dix ans que mon idole sacrifiée et morte. Est ce exprès que j’ai choisi de mourir le même jour que lui ? Je ne pense pas, nous ne mourrons pas pour les mêmes raisons, bien que nous ayons communément l’esprit embrouillé par des pensées qui nous obsèdent. Qui nous obsédaient car dans un quart d’heure je le rejoindrais, laissant mes écrits dans un disque dur où les hommes pourront s’ils le veulent jeter un coup d’œil accusateur.
Mes parents ne viendront certainement pas venir ici pour regarder la fille qu’ils ont toujours haïe, sauf s’ils poussent le macabre à vouloir admirer le cadavre du Diable. Comme ils se plaisaient à m’appeler quand j’avais treize ans et qu’ils venaient me voir au pensionnat.
Je divague, l’effet n’est pas plaisant, cela m’empêche de réfléchir et de finir mon histoire. Où en étais je ? Ah oui, Elle était alors entrée dans l’Eglise, se frictionnant les épaules car elle avait froid et ne pouvait se réchauffer dans cette enceinte qu’elle détestait depuis toujours. Elle voyait bien que cette église n’avait pas vus de jeunes mariés, de nouveau-nés ou de morts depuis il y a déjà de nombreuses années. Cela se voyait. Les vitraux brisés. Les statues fracassées. Les autels brisés et vides. Elle esquissait un sourire malsain sur son visage pâle, elle était heureuse que la maison de Dieu ait été abandonnée de toute vie, cela montrait que Le Seigneur n’avait pas tant d’admirateurs. Elle aimait cette pensée. Elle allait certainement se coucher sous le crucifix déteint de Jésus et rêvait encore une fois de Georges.
Je viens de m’apercevoir que j’ai écris ce paragraphe à la troisième personne, pourquoi ? Je ne sais pas, je ne mens pas, je sais que mon âme se détache peu à peu de mon corps. J’écris cette histoire, dorénavant comme si une autre que moi la vivait. Je vais tenter de me reprendre, ce n’est pas facile, mon cœur défaille, ma mort sera récompense à mon corps fatigué de tant de souffrance et à mon cerveau abîmé par ces souvenirs envahissants jusqu’à la moindre de mes pensées.
Qu’est ce que je disais ? Je ne pourrais raconter la fin de mon histoire, comment je suis arrivé là. Mais il est déjà minuit, je dois mourir. Je vais accélérer mon récit. Il le faut. Tout en dépend. Dépêchons. Ou en étais je ? Ah oui, j’étais donc dans cette église, lieu de bonheur prétendue où tout ce que j’avais gagné en y entrant lorsque j’avais sept ans était de me faire insulter par un prêtre me désignant comme le fruit du péché, exhortant à mes parents de m’envoyer dans un pensionnat, où « je pourrais redevenir bonne et sage ».
J’étais donc dans ce lieu maudit, jamais, il y a même deux ou trois ans je ne m’aurais imaginé entrant dans une église même si c’était le seul endroit au monde où je pourrais me réchauffer. Je m’assis sur une colonne renversée richement décorée de saints aux trois doigts protecteurs levés et tenta de me rendre à mes mains abîmées et sales un peu de chaleur. Je ne pouvais réfléchir et me détendre en paix, je ne voyais que cette croix qui me donnait des nausées et ce corps purulent qui pendait accroché a ce bout de bois à l’aide de deux clous ensanglantés. Sachant que je ne pourrais trouver le repos dans ce lieu qui avait finit par me donner des envies de vomir, je reparti dans la nuit noire. J’étais guidé dans cette pénombre par une seule pensée qui éclairait les rues puantes ; celle de la voix douce de Georges qui me soufflait à l’oreille : « N’ai pas peur ma chérie, partout ou tu vas, suis la lumière de ton cœur, elle te guidera même quand tu seras seule au monde » J’avais toujours suivi ce conseil, qui malgré une contenance religieuse qui me faisait un peu peur, me réconfortait jour et nuit.
J’avais parcouru toute la banlieue en long et en large avant de parvenir devant une maison, de celles que l’on appelait close dans des temps anciens ; un bordel si vous insistez tant ! Je n’aimais pas ces endroits où les femmes donnent leurs corps à des hommes soûls et irrespectueux. Mais peut être là pourraient on m’accueillir ?
J’imagine déjà vos expressions, chers parents si vous pensez que je suis devenu une prostitué gagnant sa vie à la débauche ! C’est bien là que je suis morte mais je n’ai pas connu les hommes fréquentant ces lieux. Pauvre homme d’ailleurs qui vont certainement trouvé ce récit et entreprendre de le lire. Ce n’est pas de la chance car je suis sûre qu’après avoir lu ce fichu texte tu vas sans doute considérer ce monde comme un étranger et, si j’ai gagné, tu le considéreras comme un ennemi ! Je dois arrêter de divaguer et de te parler alors que peut être personne ne lira jamais ce texte, personne n’ouvrira peut peu être cet ordinateur presque mort enfermé dans une obscure chambre. Peut être ne vais-je même pas l’enregistrer ! Mais je pense que si je l’enregistre des gens le liront, par curiosité ou par désir morbide. Beaucoup de monde fréquentent les maisons closes.
Où en étais je ? Je ne sais même plus si je raconte vraiment la vérité ou alors je m’invente une vie fictive pour justifier mon suicide, qui d’ailleurs devient de plus en plus proche.
Mais je n’ai plus le temps de me poser des questions de ce genre, sur la réalité de ma vie alors qu‘elle va se terminer dans cinq minutes à peine.
Où en étais je ? Ah oui le bordel ! Une maison de plaisir bondée de filles minces et pâles se promenant à moitié nus dans la pénombre. J’ignorais les sifflements admiratifs des hommes ivres morts contemplant cette jeune femme au regard glacé et au sourire inexistant et entrai dans l’immeuble. Profitant d’un homme me suivant, je pus éviter les foudres d’une vieille rabougrie qui semblai être la directrice de cette maison close, elle n’aurait jamais accepté qu’une étrangère vienne squatter son « lieu de travail ». Après avoir dépassé la proxénète, je m’enfuis en vitesse vers une chambre déserte du premier étage. L’homme hélas, me suivis, mais je lui lança un regard noir et l’envoya vers une grosse femme vêtue d’une robe légère. Je m’installa confortablement dans la chambre en pensant à l’unique Dieu que j’aimais et avait vu : Georges. Je demeurai peut être deux ou trois heures ainsi, ayant comme compagnon les cris des pensionnaires d’à cotés qui ne s’arrêtait jamais de s’aimer.
Voilà mon récit est presque fini, je suis ensuite allée dans la salle de bain sordide de ce royaume des mal aimés et avisant une quantité invraisemblable de médicaments tels que aspirines, anti- dépresseurs ou médicaments de l’amour je m’emparais de nombre d’entre eux sans réfléchir. J’étais retourné a ma chambre voulant mourir ainsi dans une chambre d’un bordel sans l’ombre de remords ou de honte. Mais alors que j’avais avalé ces dizaines de médicaments certainement périmés avec la moitié d’une bouteille de whisky qui traînait sur la couette du lit défraîchie j’avais aperçu dans un placard une petite radio a cassette à coté duquel traînaient des C.D. de Nirvana et un ordinateur allumé, qui semblait m’appeler et m’obligeait à écrire cette damnée histoire.
J’avais alors décidé, en attendant de mourir, d’écrire mon histoire entière tout en écoutant la musique froide et meurtrie de mon groupe favori.
Voilà ou j’en suis, mon histoire est fini, je n’ai plus qu’à l’enregistrer sur la mémoire de cette machine bénie et aller m’allonger sur le lit pour faire ce que j’attend depuis trop de temps : mourir…
Mais alors que je ne distingue sur mon écran que des ombres, je me demande pourquoi le monde ne m’a pas accepté, pourquoi le système m’a rejetait. Je désirais plus que tout vivre, je ne demandais rien d’autre que sourire au monde, parcourir les espaces et rencontrer les gens. Ce monde et ce système pourri jusqu’à la moelle ne le voulais pas. Et au lieu de me protéger il m’a fait mourir. Je sais qu’il y a de gens qui souffrent plus tellement plus que moi ! Ces femmes dans le bordel que j’ai rencontré par exemple…Mais ces femmes ne vivent pas ma vie, je ne connais pas leurs pensées. Mais je sais que chacun dans le monde, même le P.D.G. de la plus grande entreprise du monde ou la femme heureuse qui a trois enfants beaux et intelligents, je sais que tous sur Terre ont une raison de se suicider un jour ou l’autre. Nous ne sommes que des bombes à retardement, sache le toi qui lis mon histoire et pense y ! Si tu veux vivre commence à penser comment tu vas mourir. Adieu…

6 commentaires

  1. Anonyme

    Pas mal,l’article.Un tant soit peu trop long.Mais j’aimerais bien savoir si cette fille est vraiment morte?Si oui,qu’elle repose en paix.

  2. Anonyme

    franchement cet article est tres emouvant et surtout realiste. je ne le trouve pas particulkierement long, tou ce ki a ete ecrit avait sont importance dans ce recit.

  3. Anonyme

    peu importe que le texte soit long, c’est vraiment pas un problème, l’essentiel c’est qu’il soit intéressant et émouvant
    moa j’ai aimé … merci !

  4. Anonyme

    Merde! t’as vraiment du talent écoute pas les cons ki disent le contraire pcq ils savent meme pas de koi ils parlent…franchement tu devrais penser a en écrire d’autre des histoire komme celle la !

    continue comme ça !

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