L’arche de Zoé : le prix d’une irresponsabilité

              Des « pieds nickelés », des « illuminés, des « irresponsables », les membres du gouvernement se perdent en cherchant les mots adéquats pour décrire l’action de l’arche de Zoé. « Nous avions émis des réserves. » se défend Rama Yade, secrétaire d’état au affaires étrangères et aux droits de l’homme, au sujet de cette affaire. « Nous avions fait tout ce qui était en notre possible nous n’allions pas leur passer les menottes tout de même ? » L’état représenté ici par Rama Yade rejette toute responsabilité dans l’action de l’arche de Zoé. Une attitude qui semble surprenante ; car en plus d’une aberration, c’est une suite de justification qui s’ensuit depuis le début de cette affaire… Une attitude qui traduit bel et bien un disfonctionnement de l’état dans l’affaire : « arche de Zoé ». Malgré les réserves du ministère des affaires étrangères, l’association a su menée son action à terme, grâce notamment à l’aide de forces armées françaises fraîchement arrivée sur les lieux. Il s’agissait de l’Eufor, une force armée négociée par Bernard Kouchner au président Tchadien dans le cadre d’une politique de respect des droits de l’homme au Darfour. Idriss Deby, actuel chef d’état du Tchad a été « contraint » d’accepter cette force armée sur son territoire ; il garde donc une certaine amertume vis-à-vis de Paris. Toujours est-il que l’armée française a été dupée et a donc aidé l’arche de Zoé. Une aide qui après coup, provoque un choc chez les militaires, visiblement pas au courant des réserves de Rama Yade à ce sujet. Le fait le plus troublant se trouvant dans le fait que l’association ait changé de nom durant sa mission. Il se serait alors appelé « children rescue » afin de mieux tromper nos forces militaires. Face à la crise médiatique et diplomatique l’opposition reste cependant intransigeante dénonce un manque de communication entre le ministère des affaires étrangères et le ministère de la défense.   

                 Si on en revient au fait, rappelons que l’arche de Zoé a parcouru depuis le début du mois de Septembre tout le Darfour en quête d’ « orphelin » pour les faire adopter à des familles françaises.  C’est à partir du 25 octobre que les ennuis commencent. Neuf représentants de l’association, accompagnés de journalistes français, d’un équipage espagnol et d’un pilote belge se présente à l’aéroport avec 103 enfants pour partir en direction de la France. Les forces Tchadiennes réalisent alors un coup de filet. Ils arrêtent les représentants de l’association, les journalistes, l’équipage et le pilote. C’est à partir de ce moment que la confusion commence : Pourquoi les autorités tchadiennes ont-elles attendus un mois avant de les arrêter ? Le Tchad avait en effet connaissance de la présence de l’arche de Zoé sur son territoire. Le fait divers provoque indignation, confusion, et même du dégout pour certain. En témoigne les déclarations d’Idriss Deby le 27 octobre en accusant l’arche de Zoé d’être un réseau pédophile, ou de trafiquant d’organe. Ainsi c’était-il révolté sur son site internet :   "Ils nous traitent comme des bêtes. Voilà l’image de cette Europe qui sauve, qui donne des leçons à nos pays. Voilà l’image de cette Europe qui aide les Africains". Les tensions entre Paris et N’Djamnena commence à naître…

L’enjeu diplomatique de l’affaire.

                Alors Paris ne se laisse pas dégonfler et sort l’artillerie lourde en matière de diplomatie, Rama Yade en tête de Front. Ne préférant pas courir le risque que le scandale s’enlise auquel cas  il provoquerait des tensions palpables entre la France et le Tchad, on joue de tout nos atouts ; la présomption d’innocence en titre de plaidoyer. Mais c’est sans compter sur Idriss Deby qui suite à l’accord laissant entrer des forces militaires pour aider le Darfour, tient à récupérer cette affaire sur un plan politique. Son message sur son site Internet semble plutôt éloquent quant à la question de savoir ce qu’il pense de l’Europe. Cette affaire surgit donc en plein contexte de méfiance de l’Afrique vis-à-vis de l’Europe. De son côté Nicolas Sarkozy, en téléphonant au président Tchadien s’efforce de conserver une entente cordiale entre les deux pays ; le but de la France étant de juger les responsables de l’arche de Zoé en France. Par ailleurs, des tensions Europe/Darfour serait des plus mal venues dans une situation où le Darfour semble en proie à un grave conflit et où une aide internationale semble de plus en plus indispensable.

                Bien plus qu’une irresponsabilité vis-à-vis des enfants (personne ne sait si les enfants étaient orphelins.), le coût de l’affaire: "arche de Zoé" met la France et même toute l’Europe dans une situation complexe. Elle fait naître un conflit entre la France et le Tchad à un moment où le Darfour à besoin d’aide. Le prix de leur irresponsabilité pourrait coûter bien plus qu’une instruction judiciaire. Dommage, l’arche de Zoé partait d’une bonne intention paraît-il, vouloir, aider, c’est bien, bien le faire, c’est mieux !

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