Le baiser au cinéma

L’histoire du baiser au cinéma.

L’histoire du baiser commence tout juste un an après l’invention du cinématographe.En 1896, « The Kiss », de William Heise, montre donc un couple victorien, May Irwin et John C. Rice, s’embrassant (sans la langue) pendant près de 20 secondes, en noir et blanc. Jugé pornographique, il a provoqué la première demande de censure au cinéma ! Oups.

Avec un sujet qui s’y prête amplement, le « Don Juan » d’Alan Crosland (1926) se montre à la hauteur de la réputation du sérial séducteur: on y comptabilise pas moins de 127 baisers échangés entre John Barrymore, Mary Astor et Estelle Taylor. La goutte d’eau qui pousse certains à sévir. Dès 1927, le code Hays est mis en place afin de préserver la bonne morale au cinéma. Une liste de tabous (la nudité, la perversion, les baisers sensuels …) est énumérée comme étant à proscrire des réalisations.

« You’re In The Army Now » (1941), la comédie de Lewis Seiler passe miraculeusement entre les mailles du filet Hays et vaut le détour pour son baiser le plus long de l’histoire : 3 minutes 5secondes, entre Régis Toomey et Jane Wyman (Mme Reagan, pour les intimes, future femme de président quand même !). Alfred Hitchcock, le maître du suspense, prend le détournement de la censure avec son film « Les Enchaïnés », tourné en 1946. Ingrid Bergman et Cary Grant commencent par s’ambrasser sur le balconet traversent tout l’appartement, ne séparant leurs lèvres toutes les trois secondes (la durée réglementaire du baiser au cinéma à cette époque) pour dire leur texte. La séquence dure trois minutes quand même. Hitchcock parvient à déjouer le chronomètre et les membres du comité Hays se voient obligés de remettre le compteur à zéro à chaque séparations de lèvres …Malins ! Dans « Tant Qu’il Y Aura Des Hommes » (1953), Fred Zinnemann filme le baiser interdit et va même jusqu’à le magnifier. Burt Lancaster et Deborah Kerr sont des amants adultères, qui s’embrassent en se roulant sur le sable d’Oahu Beach, leurs corps dénudés battus par les vagues. Une scène culte ! En 1968, en pleine libération sexuelle, Norman Jewison réalise « L’Affaire Thomas Crown » avec pour objectif de filmer le baiser le plus long de l’histoire du cinéma. Steve McQueen et Faye Dunaway disputent une longue partie d’échecs, filmée comme une lente montée du désir qui se termine par une baiser sulfureux de 70 secondes à 360°. C’est raté pour le record, mais la scène devient mythique. Le réalisateur passe trois jours entiers à faire rejouer la scène à ses comédiens. Un véritable exercice du style qui nécessite quelques accessoires (cf.shopping), sans quoi les acteurs frôlaient l’incident buccal…

Tourner une scène de baiser n’était donc pas aussi banalisé qu’aujourd’hui. Pour les actrices, plus que pour les acteurs, jouer de telles scènes risquait de ternir leur réputation. Il ne s’agissait que de s’embrasser ! Alors, imaginons la difficulté de filmer un couple en train de faire l’amour …

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