Le Chat Dans La Littérature Française

Comment désigner le physique du chat sinon avec l’adjectif « beau » (Baudelaire) ? Il est l’évidente perfection. La beauté est une notion subjective très difficile à définir, aux multiples facettes ; le chat peut être considéré beau pour sa force et sa douceur. La beauté contient peut-être un peu de laideur avec la férocité et la cruauté, en effet le chat a des griffes, des crocs pointus, « c’est une bête prête à mordre et elle aime griffer » (Paul Morand).

En fait, les caractéristiques physiques du chat ne sont qu’esquissées et les auteurs accordent une place bien plus importante à la description du caractère du félin. Paul Morand parle de « visage » de l’animal, alors que c’est un terme employé habituellement pour les êtres humains, le chat est donc personnifié et ce visage montre comme un tableau, toute la palette des sentiments humains : curiosité…amour. Cette accumulation suggère que le chat est capable de penser et pose le difficile problème qui est de déterminer si le chat a une âme. Il est presque humain, mais il garde ses instincts, il reste indépendant et fugueur. Du côté de l’animal par ses instincts, capable de montrer des sentiments humains par ses expressions physiques, il est encore comparé à un être divin, ce qui le rend supérieur à l’homme.

Il y a 5000 ans chez les Egyptiens, cet animal a été élevé au rang de déesse, il avait donc une âme au même titre que l’humain et il était capable depuis l’au-delà d’intervenir en faveur des hommes qui lui adressaient des prières. Baudelaire le place du côté des anges, des séraphins, qui sont les êtres les plus proches de la présence divine. Grâce à cette proximité avec le divin, le chat a des pouvoirs surnaturels.

En effet, il est « charmant », adjectif qu’il faut prendre dans le sens étymologique de « carma » qui veut dire chant, formule magique, et en poésie, influence vague et mystérieuse. C’est par la voix du chat, son miaulement, que se manifeste la divinité. Il a un « charme secret », il utilise des philtres, il est un peu magicien, il endort les maux, il soigne. Sa voix est capable de varier sur toute la gamme des sons, on l’entend à peine, il a tour à tour un timbre tendre et discret, il s’apaise ou gronde, perle ou filtre. C’est un parfait instrument, il a un « archet » et des « cordes ». Il est un double du poète, et du père des poètes, Orphée. Chez Baudelaire, le chat est une allégorie du poète et de la création poétique.

Ces multiples facettes du chat expliquent pourquoi il a été très souvent l’objet d’une description ou d’un éloge chez les écrivains et les poètes. Il est même le titre d’un roman de Colette : « La Chatte ».

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