Le japon féodal et son influence actuelle

Chacun d’entre nous a sans doute entendu colporter nombre de clichés quant à l’orient mystérieux. Rares, toutefois, sont ceux qui mettent l’accent sur l’usage délibéré du leurre et de la mystification. Ce voile mystérieux constitue précisément l’un des arts de combat qui imprègnent la vie sociale, politique, et culturelle des japonais. De fait, la voie du samouraï a longtemps constitué le corps d’assise de la civilisation jusqu’à laisser des traces profondes dans l’inconscient collectif de la nation.
Il convient dans l’optique de cette compréhension de vous décrire l’histoire du japon féodal en insistant sur les périodes qui virent l’accroissement des samouraïs. Ensuite, nous exposerons les bases du bushido, le code d’honneur des samouraïs, enfin, nous dévoilerons les traces dans la mentalité nipponne des enseignements samouraïs.

Le japon féodal

Tout d’abord, la période féodale de l’archipel nippon s’étale sur 11 siècles, du début du 8eme siècle à la fin du 19eme siècle et elle est scindée en 5 ères bien distinctes. Suite à la fondation du Japon par Jimmu Tenno proclamé empereur après avoir rassemblé les peuples primitifs occupant l’archipel, l’ère Nara (710-794) débuta, celle-ci fut marquée par l’introduction du bouddhisme né de l’influence de la Chine, elle marque aussi l’apparition du bushi, la classe des guerriers, ensuite, l’ère Heian (794-1192) lui succède avec l’établissement de la capitale à Kyoto. Une grande part de cette période fut témoin de la prépondérance du clan Fujiwara qui, après avoir affaibli l’empereur tint en partie les rennes du pays. Cette période enchaîne avec l’ère Kamakura (1192-1338) durant laquelle le clan Minamoto victorieux de la guerre avec le clan Taira est à la tête du pays, il crée le Bakufu, le gouvernement militaire. En 1338, le clan Ashigaka, après avoir remporté la guerre qui l’opposa à la cour impériale, finit par prendre la tête du pays et lance l’ère Muromachi (1338-1600) où vont s’opérer les premiers contacts avec les occidentaux en 1542 et du même coups les missions pour christianiser ces terres inconnues. Les japonais vont alors s’ouvrir sur le monde en tentant d’envahir la Corée à deux reprises. C’est alors que débute l’ère Edo (1600-1867), cette ère qui constitue la plus grande ère de paix et de prospérité est associée à l’apparition des samouraïs, une classe a part entière du bushi. La richesse de cette période va être fructifiée par l’instauration d’une loi par Tokugawa Leyasu qui obligeait les daymios à résider un an sur deux dans la nouvelle capitale, Edo, apellée actuellement Tokyo. Cette période est également marquée par une politique isolationniste, le Sakoku, qui interdisait les sorties de territoire des nippons et imposait une rude surveillance aux étrangers sur le territoire. Des guerriers en armure vont naître les samouraïs en kimono, fonctionnaires du temps de paix, en effet chacun de leurs services sont monnayés par une pension régulière. Gagnés par la nostalgie des exploits guerriers, les samouraïs vont procéder à l’écriture de deux ouvrages stipulant leurs obligations morales : le Bushido et l’Hagakure. En 1853, les occidentaux et notamment les américains avec les vaisseaux noirs du commodore Perry vont forcer l’empereur à revoir sa politique isolationniste. Ce revirement de décision va amorcer le déclin de la politique de Tokugawa. Durant cette époque, le maniement du sabre va être privilégié à celui de la lance. En 1868, l’époque Edo prend fin suite à l’accroissement des mouvements anti-shogounat. Après des débuts très défavorables aux samouraïs, le mandat du nouvel empereur Meiji achève leur élimination avec l’abolition des obligations hiérarchiques des samouraïs envers les daymios en 1871 et du port du sabre en 1876. Les derniers samouraïs se reconvertissent alors au service de l’empereur ou dans les affaires.

Le Bushido
L’entraînement des guerriers incluait l’escrime, l’archerie, l’équitation, l’utilisation de la lance, la tactique, la calligraphie, l’étique, la littérature et l’histoire. La vie du guerrier, de l’initiation à l’expertise est régie par le Bushido, un système de codes et de traditions suivit par la classe guerrière qui insiste particulièrement sur la justice, le courage, la bienveillance, la politesse, la sincérité, l’honneur et la loyauté.
La justice ou la rectitude, est le précepte le plus incontestable de tout le code du Bushi. Ainsi disaient-ils :  » La rectitude est le pouvoir de décider sur une certaine ligne de conduite en accord avec la raison, sans vaciller… de mourir quand il est juste de mourir, de frapper quand il est juste de frapper ».
Le courage est une vertu si seulement il y a droiture aussi, les jeunes bushi étaient souvent conduits sur les places d’exécution, dans les cimetières et les maisons réputées hantées. Ce système qui aider au « contrôle des nerfs » était le seul valide et valable pour donner aux samouraïs leurs nerfs d’acier.
La bienveillance est conçue comme un trait féminin. Elle fait partie intégrante de la nature et contrebalançait la rectitude et la justice sévère, deux traits qui eux, sont masculins. La bienveillance inclue l’amour, l’affection pour les autres, la sympathie et la noblesse des sentiments qui étaient les plus hauts attributs de l’âme.
La politesse était egalement très importante. Les bonnes manières font parties du style de vie des japonais : S’incliner, marcher, attendre, se tenir à table et servir le thé furent développés jusqu’à devenir des cérémonies rituelles. La politesse est suscitée par l’intérêt de la sensibilité des autres, c’est dans cette optique que le guerrier pouvait rejoindre ceux qui pleuraient; et se réjouir avec ceux qui se réjouissaient.
L’honnêteté était très importante pour le bushi. Elle était une extension de la vision du courage que le bushi avait, aussi s’efforçait-il de rester honnête dans toutes les situations.
La loyauté avait également sa place dans les devoirs du bushi, elle s’appliquait surtout à la relation entre les samouraïs et leurs employeurs, les daimyos, les seigneurs féodaux. Selon une légende samouraï, « Le déshonneur est comme une cicatrice sur un tronc d’arbre, qui, avec le temps, au lieu de s’effacer, s’élargit ».
Les influences sur les pensées actuelles

Enfin, outre l’influence incontestable dans les arts martiaux comme le judo où un code moral analogue au bushido est à suivre, et dans les dessins animés japonais appelés mangas, des ouvrages de certains samouraïs célèbres sont toujours utilisés actuellement. Ainsi, Musashi rédacteur de la voie du samouraï est encore cité pour palier au Karoshi, un mal être chronique au japon qui signifie « mort par surmenage ». L’homme prône divers percepts que des auteurs actuels adaptent à la réalité moderne et dont ils vantent les vertus. Ces precepts s’appliquent aussi bien aux cadres qu’aux sportifs de hauts niveaux qu’à la vie quotidienne. Tout d’abord, il y faut éviter toutes pensées perverses (principe de la non pensée), ensuite il faut se forger dans la voie en pratiquant soi-même, embrasser tous les arts et non se borner à un seul, connaître la voie de chaque métier, et non se borner à celui que l’on exerce soi-même, savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose, en toutes choses, s’habituer au jugement intuitif, connaître d’instinct ce que l’on ne voit pas, prêter attention au moindre détail et enfin, ne rien faire d’inutile.
Conclusion

Ainsi, le Japon possède de solides bases culturelles, malgré cela, l’économie nipponne est actuellement tourmentée. Les économistes occidentaux accusent le respect inconditionnel de la tradition de nuire mais cette nuisance est surtout occasionnée par une application erronée des savoirs traditionnels causée par un manque de prise de recul d’où la nécessité d’en revenir aux bases comme le font certains intellectuels en citant Musashi.

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