Le jardin Majorelle à Marrakech : un musée d’art au milieu de la palmeraie

Très célèbre pour son œuvre botanique, le jardin Majorelle de Marrakech est le lieu privilégié de nombreux touristes, couples, badauds, qui aiment échapper à la poussière et aux bruits de la ville pour retrouver, entre chants et piaillements d’ oiseaux, un moment de calme. C’est un endroit idéal pour les amateurs de cactées et essences rares. De magnifiques bougainvilliers répandent une odeur dans toute la propriété. Situé au niveau de l’avenue Yakoub Al Mansour, le jardin fut créé dans les années 1920 par le décorateur, l’architecte et le peintre français Jacques Majorelle, fils de Louis, le célèbre ébéniste.

Il y fit planter les essences les plus rares autour d’un petit bâtiment Art déco qui lui servit d’atelier jusqu’à sa mort en 1962. Arrivé en 1917 à Marrakech pour cause de tuberculose, il crée le jardin autour de son atelier. Reconstitué et replanté par le concepteur Yves Saint Laurent et son associé Pierre Berge, il est entièrement peint dans un bleu vif typique de cobalt, connu sous le nom de « la couleur bleue de Majorelle ». Récemment, l’atelier de peinture a été transformé en petit musée d’art islamique où l’on peut admirer de beaux tapis, de la céramique berbère et quelques toiles et dessins de l’artiste. A l’extérieur de l’atelier, l’eau est nettement mise en exergue dans les différents coins et recoins du jardin.

Les fontaines jaillissent de partout, comme d’ailleurs les multiples plantes tropicales importées par l’artiste. Ces plantations se marient merveilleusement avec les végétations locales, comme les palmiers. Selon M. Abderrazak Benchaâbane, secrétaire général de l’Association pour la sauvegarde et le rayonnement du jardin Majorelle, « un programme d’aménagement a été mis en œuvre par cette association créée en 2001 pour sauvegarder ce patrimoine naturel qui était en état de délabrement avancé. L’ancien atelier de peinture a été transformé en musée d’art islamique qui abrite environ 200 pièces d’art qui datent du 17e siècle ». Ce musée a comme vocation de conserver des pièces qui traduisent l’art de vivre dans les pays islamiques. Il a aussi pour mission de diffuser ce patrimoine par l’organisation des expositions, l’édition des livres, la publication de cartes postales et l’installation d’un site Internet.

Le musée permet également aux écoliers, étudiants et chercheurs d’avoir accès à la culture islamique. Une simple visite sur les lieux constitue une occasion propice pour découvrir les manuscrits, les tapis, les bijoux, les broderies, les œuvres d’art en bois, en métaux, en cuir, en vannerie, en argent… Ainsi et au-delà du souci de conserver ces objets d’art, il y a un souci didactique de pédagogie et d’éducation des enfants. Le projet de sauvegarde et du rayonnement du jardin Majorelle est entièrement pris en charge en autofinancement. Pour le réaliser, l’association fonctionne de manière autonome. M. Benchaâbane explique : « C’est à dire qu’avec nos recettes, nous arrivons à réaliser nos projets. Nous ne recevons pas de subventions de la part de l’Etat. Ce n’est pas du tout notre vision ; parce que je pars d’un principe très simple qui est la culture de l’autonomie.

Quand je commence à travailler sur un projet, je pense simultanément à son autonomie financière. Si non, je considère que c’est un projet qui est mort avant d’être né. L’autofinancement apprend à ceux qui montent un projet de travailler dans l’esprit de l’économie ». Le secrétaire général de l’Association pour la sauvegarde et le rayonnement du jardin Majorelle appelle la société civile à ne «pas se prendre la tête et à travailler en réseaux, pour mieux réussir la réalisation des projets en cours ».

Un lieu de méditation et de contemplation

Jacques Majorelle est né à Nancy en 1886. Son père était ébéniste et artiste de l’Art Nouveau. Il avait suivi les traces de son père en étudiant les Beaux-Arts à Nancy, puis à l’académie Julian de Paris. Son avenir était tout tracé.
Reprendre le flambeau, les boutiques florissantes et ainsi devenir Majorelle Junior…Mais c’est la peinture qui le fascine, le travail de la couleur et de la lumière. Tel un nouveau Gauguin ou Cézanne, il part à la recherche de cette « lumière ». Cette quête le conduit en 1919 à Marrakech. En 1922, il achète un terrain dans le Guéliz. Il demande à l’architecte Sinoir en 1931 de lui construire une villa, d’une étonnante modernité, à la manière d’un Corbusier. Il y aménage, au rez-de-chaussée, un vaste atelier qui lui permet de peindre ses immenses décors.

C’est cet atelier qui est devenu par la suite le musée d’Art islamique. Sa palmeraie devient le lieu de collection des plantes qu’il ramène de ses voyages. En 1937, il introduit la couleur. Un bleu outremer à la fois intense et clair dont il peint les murs de sa villa, puis tout le jardin. Un tableau vivant. Le bleu Majorelle est né. Pierre Bergé écrivait: « Tout ici rappelle la peinture et ce n’est pas le moindre mérite de Majorelle d’avoir aimé ce pays, d’y avoir vécu et d’avoir créé ce lieu de toutes pièces ». Les jarres en céramique, les allées, les pergolas, les bassins aux tons vifs et mates de bleu, jaune, vert jouent inlassablement avec cette lumière si particulière que l’on ne trouve qu’au Maroc. Lumière filtrée par les forêts de bambous ou au contraire accentuée et sublimée par les bassins de nymphéas. Une végétation luxuriante composée d’essences des plus rares et précieuses, représentant les 5 continents, où se nichent des centaines d’oiseaux.

8 commentaires

  1. Anonyme

    Alors autant te dire que toi, t’es l’abus réincarné.
    5 articles copié/collé en une fois, c beau.

    Meme celui-ci, j’en ai retrouvé des brides partout sur le net.

    Donc tu as désormais 0 Espripoints, BRAVO

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