Le journaliste: créateur d’événements?

Le premier rôle et le principal pouvoir du journaliste est de choisir, parmi l’ensemble des faits qui sont portés chaque jour à sa connaissance, ceux qui lui paraissent les plus importants et les plus significatifs, c’est à dire porteurs de conséquences politiques, économiques, sociales ou culturelles, immédiates ou à moyen terme. Ainsi, parmi divers conflits sociaux, il mettra par exemple en valeur une grève locale même si elle ne mobilise au départ que quelques centaines de salariés. Car, par ces effets immédiats sur la productivité par exemple, elle touche une partie du public du journal en question. Par la nature des revendications avancées ou par l’état du climat social que cette grève révèle, elle peut aussi être annonciatrice de mouvements plus larges.
Le journaliste, en l’occurence ne crée pas l’événement mais, en lui donnant une « existance sociale », il le transforme. Mis en valeur par un journal, repris par les autres, puis la radio, illustré à la télé, l’événement se trouve rapidement amplifié et dramatisé et sa pénétration est plus forte dans l’opinion publique. Pour être lu ou entendu dans un monde submergé par les écrits et les discours, le journaliste est souvent conduit à forcer le trait ou à élever la voix. Cela d’autant plus que la presse est un produit doublement commercial puisqu’elle vend deux fois: aux lecteurs, auditeurs et télespectateurs d’une part, aux annonceurs d’autre part. L’apport des seconds est lié à l’importance des premiers.

ATTIRER LE PUBLIC

La priorité est donnée à tout ce qui séduit aux dépens de ce qui divise, en faisant davantage appel à l’affectivité, à l’émotion qu’à l’intelligence et au raisonnement. La presse cherche donc à connaître en permanence les préoccupations du public afin de donner la préférence aux informations « désirées », et à agir sur les sentiments profonds qui sont les ressorts mêmes de l’opinion. De même pour les journaux de la presse « people »,ces « journalistes » sont aux aguets des envies, des moindres désirs des lecteurs (je dirais des voyeurs!)car ils écrivent ce que l’opinion publique désire entendre.
Pour conclure, je dirais que le journaliste, à la manière d’un sculpteur, façonne l’actualité en fonction des besoins et des envies du public.

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