Le punk n’est pas mort!

Le punk est né dans les années soixante-dix, vers 1975/76 en tant que courant social et musical. Dans un contexte de crise, ce mouvement prend vie aux Etats Unis autour d’un club new-yorkais le CBGB’s. Au départ ce sont des jeunes jouant dans leur garage familial, d’où l’autre appellation : « Garage bands » comme les Ramones. Le mouvement atteint ensuite l’Angleterre où il est plus visuellement repérable. Les Sex Pistols sont le premier groupe représentatif du punk en 1976.

En opposition à un rock « mou », la musique punk veut rendre l’énergie primitive de la musique tout en s’exprimant sur la société. Le punk se caractérise en tant que critique sociale, revendication face à la société de consommation. Les deux principes les plus connus sont « no future  » et  » do it yourself  » . Le punk ne prône pas d’idéologie, il transmet un message mais ne compte pas influer sur le comportement des gens, il prône une liberté d’être, une liberté d’esprit. Il établit un constat de la société, dénonce des comportements.

Le punk est à la fois un mouvement social de par ses idées et un mouvement musical de par son style. La musique punk à ses débuts était assez simpliste, en effet l’intérêt était de transmettre un message par la musique avec seulement quatre accords. Cependant comme nous le verrons plus tard, aujourd’hui cette musique a évolué et est nettement plus recherchée et travaillée. Le style punk est aussi vestimentaire : cuirs, épingles à nourrices, crêtes, « doc martens  » etc.… A l’intérieur du style musical les groupes avaient différentes identités, certains étaient plus politisés, d’autres n’avaient pas réellement de messages. Les Sex Pistols sont le symbole du mouvement car ce sont eux qui l’ont fait connaître, ils étaient les plus célèbres. Cependant on peut les qualifier de « punk de scène  » dans le sens où ils visaient des cibles faciles, ils savaient où frapper pour se faire entendre, en s’attaquant au pouvoir royal ( God save the queen) les réactions étaient prévisibles. Leur célébrité leur permet de s’exprimer dans les médias à la manière punk, injures, comportement agressif, ce qui a soulevé des interdictions de séjour dans certaines villes. Ces attitudes ont renforcé leur image de rebelles et assuré les ventes de leur premier 45 tours : Anarchy in the UK. Malcom Mc laren, manager du groupe a certainement influé sur leur évolution, grand producteur anglais il a vu dans les Sex Pistols un moyen commercial de produire une nouvelle mode.

D’autres groupes punks existaient à la même époque, tel que les Dead Kennedys aux Etats Unis. Les Dead Kennedys étaient beaucoup plus politisés, ils revendiquaient un réel message. Ils étaient plus sensés dans leurs textes et leur musique était également travaillée, la voix du chanteur Jello Biaffra, moins criarde et plus variante leur donnait une certaine originalité. De nombreux autres groupes étaient présents tel que les Clash, les Exploited etc.

En France, les groupes punks étaient classés dans le style rock alternatif. Le groupe Béruriers Noirs composé d’un guitariste, un chanteur, d’une boite à rythme, et d’un saxophone ont révélé le punk français. Très engagés, les Béruriers Noirs avaient leur propre style, quelques accords plutôt répétitifs et le son particulier de la boite à rythmes. Ils n’utilisaient pas la boite à rythmes pour imiter une batterie mais jouaient avec ce son mécanique. On pouvait écouter d’autres groupes tel que Ludwig von 88, les Shérifs, les Cadavres ou Parabellum par exemple. Le punk en France est resté très proche du rock dans les mentalités ainsi que dans la musique.

Le punk a connu son apogée à cette époque, entre 1975 et 1990 car il était repris par les médias et par la mode. Cependant, malgré les dires de certains, le punk existe toujours et a beaucoup évolué aujourd’hui. Peut-être que l’appellation punk ne convient plus du fait du changement musical.

Le punk aujourd’hui se divise en plusieurs « sous genres  » qui peut-on dire sont les descendants du punk. Le terme le plus courant est le punk rock qui représente le punk actuel. Le hardcore, le skatecore, le street punk en sont quelques déclinaisons. Toutes ces catégories se revendiquent punk mais pour clarifier leurs différences musicales chacun précise sa « spécialisation ». Cette diversité de termes provient du fait que le mot punk n’est plus vraiment significatif, qu’il l’a été à une époque mais qu’aujourd’hui la progression musicale ne correspond plus au sens original du mot. On peut voir une évolution dans les mentalités car actuellement il n’y a pas de réel mouvement punk. Le punk est essentiellement musical, des groupes et un public existent mais il n’y plus de volonté idéologique en dehors de la musique. Les groupes passent toujours des messages dans leurs textes mais il n’y a pas de regroupement, de manifestations de personnes se retrouvant autour des mêmes idées, ils se retrouvent autour de la musique uniquement. Chaque genre énoncé ci-dessus a sa différence musicale bien que parfois illusoire. Par exemple le hardcore a comme particularité d’être plus mélodieux, une batterie très rapide avec des changements de rythmes réguliers et une voix mélodique. D’autres groupes ont gardé un style plus brut avec une voix plus saccadée.

NOFX est (selon moi) le meilleur groupe actuel, américains ils ont crée un style suivi par beaucoup d’autres groupes. Leurs chansons sont très variées, assez mélodiques, elles alternent des rythmes ska et punks. Les textes peuvent être autant engagés qu’insignifiants. Il est composé de deux guitaristes, un bassiste chanteur, une batterie et une trompette. Le chanteur Fat Mike a crée un label : Fatwrecks chords dans lequel il accueille des groupes du monde entier (Suède, Allemagne, Espagne…) tel que Milencolin, Vodoo Glows Skull, Lag Wagon… Le punk a vu les premiers groupes organisés par des femmes en tant que musiciennes à part entière et non plus comme chanteuse ayant pour mission de fournir du sex appeal. Tel que l’explique David Buxton (Le declin du star system) les rôles techniques (musicien, compositeurs, ingénieur du son…) dans le rock sont dominés par des hommes et par une idéologie de dominance masculine. Les textes des chansons reflètent également une obsession de la suprématie mâle dans le rock en général et surtout le Hard Rock. Certains groupes punks tiennent également des propos du même genre mais des groupes exclusivement féminins se sont formés comme on peut voir aujourd’hui L7 depuis 1990 aux Etats Unis, deux guitaristes une chanteuse, une bassiste et une batteuse. Elles sont totalement respectées comme musiciennes sans préjugés sexuels.

En France, la situation est différente, on ne trouve pas de groupes ayant le même succès que NOFX par exemple. Les groupes punks français ne tournent presque pas dans les autres pays. Les Sales Majestés est un groupe qui réussi bien aujourd’hui, qui tourne partout en France. Avec un style bien punk, guitares brutes, rythme carré, textes très dénonciateurs ils réveillent le punk en France. Les Burnings Heads sont les premiers à sortir de la scène française pour signer avec un label américain : Epitath. Le punk se situe dans un milieu très underground, on remarque de nombreux groupes punks jouant ensemble dans des concerts, mais aussi des associations qui organisent des concerts, regroupant les groupes de différentes régions et ceux venant d’autres pays.

Cependant en France le punk n’est pas vraiment accepté par les gens, il effraie, pour ces petits groupes il n’est pas toujours évident de trouver des concerts . En effet, la violence et le bruit repoussent les propriétaires des bars ne souhaitant pas être dérangés. Le punk existe bel et bien aujourd’hui même s’il est plus répandu dans d’autres pays. La différence en France n’est pas encore bien tolérée.Le punk n’est pas mort, c’est une certitude, il réussit depuis 25 ans à s’imposer et à rester indépendant.

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