Le savoir trainé dans la boue

On a parfois l’impression de sortir du lycée tout en sachant quantité de chose et en entrant en fac on se sent mal dégrossis. En 1 année j’avais l’impression d’avoir été spoliée de mon héritage culturel, ce sentiment perdure certes moins fort mais quand même. Je m’explique, dans les instituts distillant de la pédagogie on nous apprend certes à faire des cocottes en papier mais aussi à regarder l’enfant comme un être qui a toujours raison, il échoue et bien c’est de votre faute vous n’avez pas su faire passer le message, il a pas appris et bien vous n’avez pas la bonne pédagogie. Non ce n’est pas lui mais vous le prof qui avait un problème, érigeant ici l’élève au rang de demi dieu et reléguant le savoir à un subalterne car ne pas oublier l’école doit être distractive et pourtant il ne semble pas que nous soyons meilleurs que nos aînés bien au contraire. L’orthographe a été sacrifiée, les tables de multiplication pas la peine de les savoir, bref l’effort scolaire n’est plus mis en avant.

Accuser les profs c’est trop simple, ils n’y peuvent rien ils sont obligés de suivre des directives et oui la majorité doit avoir son bac donc on descend le niveau de l’exam et tout le monde passe mais pour faire quoi après se jeter dans des facs qui se vident au cours des mois car beaucoup sont découragés et n’ont pas le niveau, mais peut être a t’on trop dévalorisé des filières professionnelles qui sont de véritables chances et qui offrent elles aussi un avenir à des jeunes. Le bac, objectif une fois atteint un bon nombre de jeunes sont désemparés que faire, j’ai pas d’idée! C’est une honte mais on laisse faire, les statistiques sont bonnes.

Mais qu’il est bon d’apprendre de connaître des choses et de pouvoir ainsi mieux aborder notre monde. Mais nous devenons partisans du moindre effort car on nous l’apprend ainsi et oui quel bonheur quand un prof est absent mais quel drame c’est en réalité quand il ne fini pas son programme.

Je ne fais pas là l’apologie de l’ancienne école mais je reconnais qu’elle enseignait plus de choses et notamment le respect de soi et des autres. Mais parait-il nous sommes l’avenir alors pourquoi pas ne prendre notre courage et essayer avec tous de réhabiliter le savoir pour que lire Braudel ne soit plus un exploit salué de tous mais bien quelque chose de normal.

D’abord, il y a en effet une trop grande importance accordée au confort des gamins. Appelons un Chat, un Chat. L’Enfant est devenu Roi et la soit disante pédagogie le place au centre des considérations de cette boîte de fromages mous qu’est l’Education Nationale (et Dieu sait si je déteste le fromage !). Tout est fait pour le confort de ces chères petites têtes rondes emplies d’un cerveau à ménager.
J’ajoute que la jeunesse, c’est à dire la frange la plus totalement parasitaire de la population, bénéficie d’une dévotion frileuse qui confine à la bigoterie.
On dit que je vais râler contre ma propre jeunesse.
Mais comment ne pas claquer ces têtes à claques devant l’irréelle sérénité de la nullité intello-culturelle qui les nimbe ? Et s’ils n’étaient que nuls incultes et creux par la grâce d’un quart de siècle de crétinisme marxiste scolaire renforcé par autant d’émissions parentales; passe encore. Mais le pire, est qu’ils sont fiers de leur obscurantisme ces minables. Ils sont fiers d’être con:
« Jean Jaurès; bah, c’est une rue. »

La Jeunesse. TOUTES les jeunesses, c’est le temps kafkaien où la larve humiliée couchée sur le dos n’a pas plus de chance de ramener sa fraise que de revenir sur ses pattes.
Par extension, l’enfant a tous les pouvoirs désormais: une mauvaise note conduit à une rencontre (parfois violente) entre les parents et le prof. On n’a plus le droit de mal noter un gamin; pour la bonne et simple raison que pédagogiquement, c’est pas bien, oooh, méchant prof, pas gentil, bouh !
C’est ridicule. Affreusement ridicule. Tout le monde en haut de la hiérarchie se planque derrière l’idée de pédagogie pour calmer les parents, voir les satisfaire (et cela implique par extension une foule de conséquences que je n’aborderais pas). Les Professeurs ne font plus d’autre métier que d’enseigner les balbutiements de la culture et surtout, ils assurent désormais l’éducation civile des enfants. Rôle qui revient aux parents depuis l’aube des temps.
Je ne souhaiterais pas passer pour une réactionnaire; mais moi mes parents m’ont éduqué, ça n’a jamais été le rôle de l’école de m’apprendre à vivre. A l’école, au collège, au Lycée j’ai appris et j’ai appris à aimer certaines parties de la culture.

Ensuite, on a dévalorisé l’individu et ses compétences. On prend les jeunes pour des cons, et on préfère les coller devant une télévision-vide-merde que des livres. Soit disant Internet permet d’apprendre, soit disant la télévision permet d’apprendre, soit disant, ainsi, on vit mieux. Vivre mieux. Quoi ? Ils sont tous morts ces innombrables personnes qui ont puisé leur savoir dans les livres?
On dévalorise les gens, on supprime la valeurs de filières qui sont en fait bien meilleures pour une catégorie de la population. L’école n’est pas un système universel. Mettons nous cela dans le crâne! Il y a des jeunes, des enfants aussi, pour qui cette école n’est pas un moyen de s’en sortir. Alors ces filières devaient garder une place importante afin de mieux les orienter. Mais les gouvernements français successifs préfèrent valoriser leur image de « pays de cerveaux » en faisant passer en masse des étudiants de baccalauréats scientifiques dans des universités inadaptées. Ils en soupent de leur incompétence. Et je suis ravie qu’un mot si laid les qualifie: Incompétents (plus haut que leurs fesses en l’occurrence).

Pour terminer le problème vient aussi des jeunes et de leur place dans la société. De moins en moins de personnes ont envie de savoir. On préfère se planter devant des trucs-à-la-con en tous genres. Je pense, et cela ne reste qu’une théorie psychologique (je n’ai pas la prétention d’être psychologue) que la sensibilité à la mort encore fort présente aujourd’hui dans nos sociétés contemporaines poussent à préférer le concret à l’abstrait. Tout un chacun s’attache aux objets, à ce que la sociétés peut leur apporter de confort et de divertissement oisif touchant à la consommation à outrance, et de nombreux thèmes à la mode. Prenons l’exemple de la littérature: plus personne ne lit, cela n’apporte rien de concret pour une portion massive de la population. Et surtout, on préfère, avant de mourir, emporter dans sa mort les « objets de notre vie » qu’un esprit plein de culture qui s’éteindra en même temps. J’ajouterais aussi que le recul de la religion a beaucoup joué à ce niveau: On apprend moins, parce qu’on va mourir. Et la Mort est considérée désormais comme l’arrêt final, la fin de soi, du MOI complet. Ainsi on privilégie l’existence concrète à l’abstraite…

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