Le spectre du marteau et de la faucille plane sur la Russie.

Samedi 24 Novembre, Gary Kasparov ; chef du parti de l’opposition « L’autre Russie » ; a été arrêté par les forces de l’ordre Russes alors qu’il manifestait. Il fut condamné à 5 jours de prison ferme pour avoir donner son opinion sur la place publique. Sa manifestation, le week-end dernier, avait réunie quelques 2000 personnes. Notons que cette dernières avait été autorisée par la mairie ; à la seule nuance que les autorités accordaient un rassemblement mais avaient interdit toutes marches. Les manifestants étaient entourés d’une centaine de policier, lesquels sont intervenus après s’être rendu compte qu’une marche s’organisait. Ils arrêtèrent 60 opposants dont Gary Kasparov. Dans le même temps à St Petersbourg, Boris Nemtsov et Nikita Belykh exprimait eux aussi leur mécontentement. La différence étant que la mairie n’avait pas souhaité jouer avec les subtilités « marche ou pas marche ». Elle n’avait tout simplement pas donné son accord. Ainsi Boris Nemtsov et Nikita Belykh se sont retrouvé en garde à vue, mais à la différence de Gary Kasparov, ils ont été relâchés de suite. Ces chefs d’un parti de centre droit, le SPS Ialblock, (Union des forces de droite) sont en fait candidat aux législatives du 2 Décembre. Cette candidature a certainement joué en leur faveur lors de leur garde à vue. L’objectif de Poutine étant de déguisé un maximum sa répression, bien que cette dernière soit aussi que l’étendue de sont pays. Par ailleurs, le SPS fait parti d’un des rares partis à se présenter aux élections législatives ; « l’autre Russie » préfère tout simplement ne pas présenter de liste. Notons que pour qu’un parti entre à la Douma (assemblée nationale Russe), il doit obtenir 7% des suffrages aux élections. Un score dont le SPS ne semble pas en mesure d’atteindre. Les sondages les plus optimistes créditent le parti de 2% des voies. Vladimir Poutine risque donc de fermer les portes de la Douma à tous les autres partis de la Russie et de ne faire entrer que le sien ! Une sorte de dictature que le pays russe ne connait que trop bien…

 

                Mais il y a plus grave encore dans le totalitarisme qui se met doucement en place en Russie. Pour faire taire l’opposition, Poutine n’hésite pas à utiliser les bonnes vieilles méthodes staliniennes pour écraser les opposants. Ainsi, les journalistes Russes qui auraient le malheur de dire un peu trop haut ce qu’ils pensent du système se retrouvent internés dans les hôpitaux psychiatriques. Une méthode que Staline avait mise au point avec le goulag, il y a 80 ans ! L’exemple d’Andreï Movikov est assez éloquent ; il affirme croiser des officiers dans les murs de son centre psychiatrique, lesquels semblent faire pression sur les médecins. « Nous sommes 15 par chambres. Mes compagnons de fortune sont des criminels, de vrais criminels. Je me fais souvent frapper. Les médecins ont été très clair avec moi, si je veux sortir je dois arrêter d’écrire » (Propos recueillie en caméra caché par l’équipe de télévision de l’émission « Envoyé Spécial ; France 2). A cela s’accompagne, l’anniversaire de la mort d’Anna Politkovskaïa, grande journaliste de la Novaïa Gazeta, journal de l’opposition. Elle fut assassinée dans l’indifférence totale, certainement parce qu’elle était devenue trop gênante, trop engagée notamment dans le conflit tchétchène. De nombreux suspects ont été évoqués, mais l’enquête n’a pas aboutie. Le dossier a été rapidement classé par le FSB, nom du nouveau KGB, que l’on soupçonne de manipulation. Depuis que Poutine est au pouvoir, 22 journalistes ont été assassinés, et l’indifférence du peuple russe semble salir leur mémoire. « Dans mon pays, on tue puis on oublie » déclare une amie d’Anna Politkovskaïa. « Chez nous en Russie, on n’aime pas la vérité » renchérit une libraire. « Etre résistant dans ce pays, c’est vendre un journal indépendant ». Sa déclaration est malheureusement vérifiée lorsqu’un citoyen russe empêche les caméras d’ « envoyé spécial » de filmer la couverture du journal de l’opposition.

 

Cette attitude traduit malheureusement le fait que la propagande de Vladimir Poutine est efficace. Le peuple Russe reprend la marche du totalitarisme, sans s’inquiéter du fait que Poutine traite ses opposants de « Chacals ». Une marche vers un nouveau régime autoritaire ; 16 ans après la chute de l’URSS, la Russie fait un grand bon en arrière dans le chemin de la démocratie.  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>