L’échec de l’Etat de Grâce

L’Etat de Grâce est la première fiction française qui brosse le portrait d’une femme présidente de la République, un personnage inhabituel incarné par Anne Consigny. Surfant sur la folie Ségolène ou « ségo-mania », France 2 espérait toucher le jackpot. A l’issue de la diffusion, le verdict est tombé, la chaîne a réalisé une contre performance, se faisant devancer par TF1, France 3 et M6.
Oscillant entre 12 et 13% de part de marché, France 2 fait grise mine, d’autant plus qu’elle comptait beaucoup sur l’actualité pour faire grimper les chiffres.
Car si Ségolène Royal monopolise toutes les couvertures de magazine, son homologue de fiction elle, a failli.

Ce téléfilm aurait pu être réussi. Le jeu des acteurs était juste, et l’histoire en elle-même avait tous les atouts nécessaires pour séduire un large public. Seul bémol, l’accumulation de scènes improbables et d’invraisemblances. Notamment la scène où Grâce envoi des textos érotiques à son compagnon lors d’un conseil des ministres. Si le public ne demande pas forcément à la fiction de "coller" à la réalité, peut-être as-t-il envie qu’une fiction aille au bout de ses ambitions.
De plus, le scénario se cherche… il oscille entre la comédie, le burlesque, la comédie dramatique. Cette inconstance rend le tout assez hétérogène et, il faut le dire franchement, indigeste.
Patrice Duhamel, directeur général de France Télévisions, se dit surpris par l’ampleur de l’échec, mais il ne s’avoue pas vaincu pour autant. "Nous sommes là pour innover, nous n’avons aucun regret et nous continuerons dans cette voie" dit il.
"Cela nous dépasse un peu", analyse Perrine Fontaine, directrice de la fiction sur France 2. "Peut-être avons-nous donné l’impression de nous moquer d’une situation qui pourrait se produire. Peut-être aussi que le téléspectateur tolère le mélange des genres dans les fictions étrangères, mais pas dans la fiction française."
Cela veut il dire que la France n’est pas prête à élire à sa tête une femme ? Peut être pas. Mais une chose est sûre, la France, lorsqu’elle rentre du travail et s’installe dans son canapé, elle ne veut plus être confrontée à la réalité, notamment à la réalité politique. Alors, messieurs les programmateurs, faites nous rêver !

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