Les Âmes Sœurs

Qui n’a jamais rêvé de retrouver son double, sa moitié, qu’un Zeus lui aurait ôtée ? Qui n’a jamais cherché sa part manquante, comme un organe qu’un Dieu lui aurait retiré et qui serait devenu femme ?

« La forme humaine était celle d’une sphère avec quatre mains, quatre jambes, deux visages et deux sexes[…]

Platon explique dans l’un de ses nombreux bouquins (me demandez pas lequel… je l’ai juste fait en latin (je simplifie, parce qu’il y a beaucoup d’élucubrations latines) ».

En Bref : Zeus trouva un moyen de les affaiblir sans les tuer : il les coupa en deux. Apollon retourna leur visage et cousit le ventre et le nombril. Mais chaque morceau, regrettant sa moitié, tentait de s’unir.

L’implantation de l’Amour dans l’être humain est donc très ancienne. C’est l’Amour de deux êtres qui tentent de n’en faire qu’un pour guérir la nature humaine : nous sommes les moitié d’un être et nous cherchons sans cesse notre moitié.

Pour trouver quoi, d’ailleurs ? « Bah, ya un Kévin qui m’a écrit un mot pendant le cours et… »
Non ! Stop là ! C’est quoi ça ? On veut trouver son « âme sœur », celui qui fait gazouiller les rouges gorges, celui qui fait battre votre cœur, celui qui a des airs d’Apollon, presque ayant une auréole sur la tête… Pas Monsieur Kévin qui sous ses grands airs vous délaisserais pour son match France Suisse 0-0…

Donc je disais : Aussi fort que l’amuuur, aussi nécessaire que l’amitié, aussi évident que la fraternité, mais qui n’est ni de l’amour, ni de l’amitié, ni de la fraternité… Une sorte de lien entre tout ça, Bienvenue dans la quatrième dimension sentimentale !

Cette quête est honorable, à condition d’accepter sa part d’illusion et d’instabilité. Tout lien porte en lui le risque de la déliaison.
Mais quelque soit le risque qu’elle suppose, cette quête en vaut la chandelle. Les arts en donne la preuve : Sand et Musset, Claudel et Rodin, Dali et Gala…

Dans tous les domaines, à toutes les époques, on retrouve ces binômes harmonieux, ces couples devenus inséparables, sinon dans la réalité, du moins aux yeux de la postérité.
C’est l’art à quatre mains ou à deux voix qui les unit : seul compte cette harmonie créatrice !

« Les Hommes s’épanouissent aux cotés d’êtres de chair, souvent chair à leur cœur »

Certains confondraient âmes et amour…
Inévitable puisque le rapprochement est tentant. Mais « âme » vient de « animus » en latin qui est le principe féminin : éthéré, sublime, suave qui complète donc le principe masculin : virile charnel et puissant… (Trop érotique le latin n’empêche, RRRrrrrr !!)

Et oui, sœur ne veut pas dire « frangine » (bah ! alors je l’appel comment ?!)
Mais semblable. L’âme sœur c’est la femme qui est à la fois le complément et la différence : l’épouse parfaite quoi… (Bien sur que la femme a le monopole… Ils sont géniaux ces Latinus)

« Tous pour un, et toi pour tout »

Le concept d’âmes sœurs apparaît vers le XII ème siècle, dans le cycle d’Arthur, lorsque Lancelot voit dans la reine Guenièvre son double féminin. Mais c’est bien entendu des histoires…

Dans la grande Histoire, avec un H majuscule, l’Amour, avec un A tout aussi grand, passe au second plan. Et oui pas de preux chevaliers qui accourent pour sauver leur princesse aux belles robes roses pailletées : Juste un Salop d’Henri II qui aimera Diane de Poitiers, mais épousera pourtant Catherine de Médicis. Question d’intérêts politiques.

Ahhh ! L’époque de la Renaissance, où les hommes ne réfléchissaient pas encore avec leur pénis mais avec leur portefeuille : Henri IV n’hésite à envoyer paître sa maîtresse Gabrielle d’Estrées pour épouser Marie de Médicis alias « La grosse Banquière »…
L’histoire encore plus maso que le latin…

Maintenant on parle de « Moitié » (ah oui, plus romantique que alter égo ou âme sœur, bien sur), c’est l’âme sœur version « beginer ». L’amour n’est plus romantique, à base de lettres et de déclarations : il est domestiqué !

A la Renaissance (période qui a si bien démocratisé les valeurs Antiques), a atterrit le terme sur la place du marché et les discussions de cuisine… Le couple devient alors le « Ménage », une sorte de complicité triviale… (Ils sont où les rouges gorges là ??? hein ???)

Les sondages dans les magazines politiques, voire même économistes sont bondés de « Pensez vous que Sarkozy pourrait être élu en 2007 même séparé de Cécilia ? »
Graaave question ! La tendance de « people attitude » en est donc arrivée à ce point de faire reposer l’avenir du pays sur les vagues sentimentales de nos présidentiables ?

Cynique ! A moins d’y voir là le reflet de l’âme sœur. Nous idéalisons tant cette notion que nous la projetons naturellement sur tous ceux qui sont les supports de nos différents fantasmes. Quoi qu’il en soit la réalité est là : Cécilia est parti, le copain a Brithney aussi…

Oui, le monde va très mal, décidément !

2 commentaires

  1. Anonyme

    Le concept d’âmes sœurs apparaît vers le XII ème siècle, dans le cycle d’Arthur, lorsque Lancelot voit dans la reine Guenièvre son double féminin. Mais c’est bien entendu des histoires…

    => Petite note historique: même si ds l’esprit de chacun, la période du roi arthur se situe au moyen age, dc au XII, historiquement parlant, c faux! Il s’agit non pas d’une légende, mais d’une déformation historique créee au XIX ème siècle par certains romantiques, du regne d’un souverain anglais du haut Moyen age (vraisemblablement du VIIème siècle)…

    c’était la minute historique ou comment foutre la merde en famille! lol

  2. Anonyme

    T’en fait pas emeraude ta soeur est de mauvaise foi, ton article est génial et elle est juste jalouse. c’était la minute je defend emeraude ou comment foutre la merde entre sa grande soeur et moi ! lol je déconne … non plus sérieusement je pense qu’il faut prendre cet article comme un contrendu ironique sur le concept pathétique d’âmes soeur. Bravo c’est bien écrit, pertinant, drole, et bizarement … vrai … hum sa laisse a réfléchir .

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