Les animaux amoureux

 

           Un documentaire au cinéma, c’est parfois un peu rabat joie. Comme quand on demande un jeu vidéo pour noël et qu’on reçoit la nouvelle version des Maths pour Lycée spécial PC. Oui mais voilà, la donne a bien changé depuis quelque temps. D’une, être écolo, c’est à la mode et c’est une bonne chose. De deux, les films documentaires, principalement animaliers sont désormais d’une élaboration à faire de l’ombre aux plus grandes productions. Alors laissons nous bercer par les animaux et leurs danses de l’amour. Entrons dans l’intimité de la nature.

            Si le titre du film a une légère consonance anthropomorphique, il n’est en fait qu’à l’image des sentiments que Laurent Charbonnier prête à mère nature. Le réalisateur des Animaux amoureux l’est au moins autant que les stars de son film. Il nous transmet une œuvre très fraîche et rassurante, à des kilomètres des préoccupations humaines quotidiennes. Une véritable évasion vers un monde féerique. On découvre pendant ce voyage d’une heure et demie des chants, des cris et des danses de séduction. Les situations sont parfois cocasses, parfois attendrissantes et toujours spectaculaires. La beauté et la naïveté des images nous touchent. Laurent Charbonnier aborde la nature dans une démarche sensorielle et émotionnelle. Les rituels amoureux rappellent les traditions humaines et surtout nous font prendre conscience que l’Homme appartient à ce monde là, à la nature. On y découvre des dauphins, des lions, des poissons clowns, des oiseaux, des kangourous, des singes, des crabes ou des insectes, qui n’ont pas besoin d’offrir des fleurs pour obtenir les faveurs de leurs partenaires féminines. La musique de Philip Glass apporte la poésie et le lyrisme qui manque à des images brutes. C’est un véritable opéra de la nature qui s’étend sous nos yeux, la musique rythmant les démarches séductrices des espèces animales. Si Cécile de France prête sa voix au film, elle ne dit que quelques mots en début et en fin de projection, et si l’actrice est toujours appréciée, le silence est ici le bienvenu. Une façon de ne pas sortir d’un rêve touchant et fragile à la fois.

            Le projet est issu de la rencontre de Laurent Charbonnier et du producteur Jean-Pierre Bailly sur le tournage du Dernier trappeur de Nicolas Vannier. Le réalisateur saisit sa chance, lui qui avait déjà travaillé sur Le Peuple migrateur a son propre film désormais. Et un film pareil demande un grand investissement. Le tournage a duré deux ans, dans 16 pays. Si l’équipe n’a pas eut de problème particulier, les conditions « normales » de tournages sont toutefois rigoureuses. Les environnements des animaux varient beaucoup, des températures à supporter de -30°C à 50°C, l’humidité ou l’aridité, les moustiques et les serpents, guetter pendant deux jours pour une minute de tournage, ce n’est pas vraiment une promenade de santé. Et pourtant, comme le dit Laurent Charbonnier « la difficulté est la mère du plaisir », et l’on imagine le bonheur de l’équipe d’avoir capturé des images tant rêvées, parfois inespérées.

            Le film sortira le 19 décembre et devrait s’inscrire dans une démarche écologique volontariste, à l’heure des Grenelles et autres manifestations pour l’amour de la vie. Il est parrainé par EDF et a le soutien de la fondation Nicolas Hulot. Une telle ode à la biodiversité et à la beauté de la nature entend bien sensibiliser son public à la préservation de l’une et de l’autre. Les Animaux amoureux sera diffusé dans les lycées dans cette optique de sensibilisation. Et à tous les lycéens : peut être que ce jour-là, vos professeurs n’auront rien à dire pour que le silence envahisse les salles. En tout cas on vous le souhaite.

           

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