Les Apéros géants Facebook sont-ils voués à disparaître ?

Lors d’un « apéro géant » à Nantes, un jeune homme de 21 ans trouve la mort après avoir chuté d’un pont en pleine nuit, celui-ci avait 2,4 grammes d’alcool dans le sang. Le même jour, on recense 41 gardes vues et 57 hospitalisations lors de l’événement qui avait réuni environ 9000 personnes. Dès lors, ce nouveau phénomène à la mode devient une affaire du gouvernement.

Une réunion interministérielle organisée par le ministère de l’Intérieur s’est tenue récemment afin de réfléchir à des solutions qui permettraient d’éviter qu’un tel drame recommence. Alors que l’idée d’une interdiction planait, le gouvernement a finalement décidé de laisser les personnes se rassembler afin de ne pas généraliser le phénomène, au regard du bon nombre de manifestations qui se sont déroulées sans heurt. Finalement, le gouvernement a statué de l’obligation d’un encadrement et d’un accompagnement autour de ces « apéros géant ».

Désormais, les organisateurs de l’événement devront se présenter trois jours à l’avance aux autorités et devront demander une autorisation à la préfecture. Selon les règles déjà existantes : tout rassemblement sur la voie publique doit faire l’objet d’une demande auprès de celle-ci. C’est donc aux pouvoirs publics de décider au cas par cas de la possibilité ou non d’organiser un tel événement.

Cette autorisation a pour but de pouvoir prévoir à l’avance l’encadrement nécessaire : le déploiement des forces de l’ordre pour veiller à la sécurité et l’intervention d’associations (étudiantes, Croix-Rouge) pour prévoir des actions de prévention et de sensibilisation aux risques causés par l’abus d’alcool.

Les organisateurs sont censés se présenter au préalable pour deux raisons essentielles. Tout d’abord, en cas de problème, de dégradations, les organisateurs doivent en assumer la responsabilité.  Deuxième point, si les organisateurs ne se présentent pas, il sera difficile pour les forces de l’ordre d’estimer l’effectif nécessaire à l’encadrement. Le plus souvent, elles ont tendance à envoyer trop d’hommes sur le terrain lorsqu’elles ne savent pas combien de personnes seront présentes à l’apéro géant. Ainsi, de nombreux car de CRS sont envoyés, du matériel est réquisitionné à outrance et en Province, on fait même appel à des forces de l’ordre extérieures pour couvrir le besoin d’effectif. Et cela représente au final un coût faramineux !

Face à cet encadrement précis, les membres du réseau social et adeptes de ces manifestations sont partagés :

D’un côté, c’est l’occasion de montrer que les participants savent être responsables et qu’ils sont capables d’organiser un apéro géant contrôlé et sécurisé. Certains revendiquent même l’interdiction d’alcool dans ces rassemblements et militent activement pour créer des apéros géants aux jus de fruits ! Le problème : on s’éloigne totalement du concept même « d’apéro » et moins de personnes risquent d’être intéressées par ce nouveau mode de rassemblement.

De l’autre côté, l’encadrement va totalement à l’encontre du concept de ces manifestations qui se veulent avant tout libres et spontanées. Comme le précises Christophe Ginisty président d’Internet sans frontières  «On a finalement débattu assez longtemps d’un sujet déjà dépassé. Le gouvernement a tellement stigmatisé les apéros Facebook qu’il a de toute façon brisé le charme. Pour moi, prendre l’apéro ce n’est pas boire un verre avec cinquante CRS derrière.».

En résumé, même si aucune interdiction concrète n’a été soumise. Le ministère aura réussi à dissuader bon nombre des organisateurs d’apéros Facebook. Car, sans responsable de l’événement pas d’apéros ! Or ,il n’y a jamais réellement d’organisateur puisque c’est avant tout une décision collective prise de manière totalement spontanée. 
 

 

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